9. Notre nouvelle amie, l’Albanie (part 1)

C’est le canapé le plus confortable du monde… Je suis allongé, les yeux fermés, il fait bon chaud et une légère odeur de feu de bois vient me caresser les narines. Haaa… Que c’est bon d’apprécier ces moments simples. Je ne remercierai jamais assez toutes les personnes qui m’ont aidé et accueilli chez elles jusqu’à présent. Aujourd’hui je suis chez Alex, notre hôte Warmshower de Scopje en Macédoine. Lui a moins de chance que moi, il est au boulot. À 23 ans il bosse dur dans le graphisme et économise un max pour se payer un grand voyage à bicyclette. Un rêve réalisable en Macédoine, car le gouvernement est sympa ici et délivre des passeports à ses concitoyens. Ceci dit, il n’en reste pas moins difficile à concrétiser car il  faudra qu’Alex bosse au moins 10 ans pour réunir les Dinards nécessaires à son projet… «150€ par mois c’est pas beaucoup tu comprends, ici le problème c’est l’argent.»


Et pendant ce temps là, je suis tranquillement installé dans son canapé, à rêvasser… À essayer de recoller les morceaux de puzzle que nous avons rassemblés par ci, par là, avec Dario, depuis la semaine dernière. Depuis notre premier jour en Albanie.
L’Albanie. Le Kosovo… Et la Macédoine maintenant. Nous ne connaissions pas grand chose de ces pays avant d’y entrer et maintenant nous n’attendons qu’une chose : c’est d’y retourner !
Cette partie du voyage est assurément la plus bouleversante sur le plan humain. La gentillesse de ces gens, leur accueil, leurs sourires, … Ce sont les personnes les plus incroyables que j’ai jamais rencontrées. Prêtes à tout partager, à tout donner… Ça m’en retourne les tripes !
Je vais avoir un paquet de choses à revoir sur moi-même une fois rentré en France. En terme d’hospitalité, de partage, d’entraide, … Nous sommes tellement chanceux, vous savez, tellement chanceux ! La nature nous a fait naître en France et au XXIe siècle… Vous rendez vous compte ? Sur les milliards de milliards d’hommes que la Terre a portés depuis la pré-histoire… Excusez-moi, mais on a vraiment le cul bordé de nouilles.
Je n’énumérerai pas les choses qui font de nous les hommes les plus vernis de l’univers, car nous les connaissons tous, au fond. Mais regardez plutôt ce que n’ont pas les Albanais et les Kosovars, et à l’image d’Alex, ce que n’ont probablement pas la moitié des gens de la planète. Pourtant, leur joie de vivre et leur enthousiasme me bluffent chaque jour un peu plus. Ils sont si… Heureux. Ha… Là là, il est où le problème chez nous? C’est quoi la recette du bonheur, nom de Dieu ? Et pourquoi ce sont toujours les Gypsies qui ont les plus grands sourires ?
Tout ce mélange dans ma tête. Cette dernière semaine a définitivement été très riche en découvertes et en interrogations. Tout ce que nous vivons porte à la réflexion. J’ai été obligé de tenir un carnet de notes journalier, car si jusqu’à présent le blog me suffisait, je me suis d’un coup retrouvé complètement dépassé, comme englouti par un flot d’informations à digérer… Et j’ai bien frôlé la crise de foie.
Je me replonge dans ces notes pour tenter d’y voir plus clair. Ces derniers jours, nous sommes allés nous perdre dans différents massifs montagneux des Balkans pour aller à la rencontre des habitants. Alors aujourd’hui notre itinéraire ressemble plus aux lacets tracés par un escargot, qu’aux lignes droites dessinées par un vélo, mais nous avons, de cette façon, recueilli quelques témoignages qui esquissent déjà les premiers contours de notre nouvelle amie qu’est l’Albanie. En voici quelques-uns.

Liridon, l’Italien

C’est le petit gars fringué comme un rital qui nous est tombé dessus à peine la frontière passée, quand on était perdus dans le noir. Il nous a menés jusqu’à chez lui et proposé de poser notre tente sous le porche en terre battue de sa maison, à côté de son âne et de ses poules. Il nous file un coup de main et nous invite aussitôt à monter pour le repas que sa mère a préparé, comme si on était attendus… La maison me paraît extrêmement atypique, mais je réaliserai plus tard qu’elles sont toutes plus ou moins sur le même modèle : un énorme couloir central d’au moins 4m de large avec un très long tapis qui se déroule jusqu’à l’extérieur, 4 pièces identiques de part et d’autre, et un mobilier très minimaliste. On ne peut cependant pas en dire autant de nos assiettes qui sont, elles, pleines a craquer de mille et une victuailles. Liridon me parle en italien, je fais la traduction.

«Allez-y les gars, mangez. Tout est bon, c’est fait maison. Le fromage, le vin, le pain, les poivrons au vinaigre et les pommes de terre à l’huile, on fait tout nous-même ici, on est obligé. Il n’y a pas d’argent en Albanie, c’est le problème de notre pays. Alors les gens ont tous au moins une vache et des poules en plus du jardin, c’est pour manger tu comprends ? Il n’y a que mon père qui a un boulot dans la famille, et 150€/mois ce n’est pas beaucoup… Alors je rejoins mon frère en Italie, de temps en temps, pour faire un peu d’argent. Pizzeria, des trucs comme ça. C’est illégal, mais tout le monde le fait. Après on revient, pour continuer à construire le pays…»
Et quand il dit que tout est bon, permettez-moi d’insister : c’est un repas de roi ! Ma parole, un fromage comme ça… Mmmh… Même Dario n’en revient pas.
On écoute Liridon, on boit ses paroles autant que son vin, il fait chaud et on est terriblement bien. Leur culture est réellement différente et on se plaît à la découvrir petit à petit. Pour le dessert on se goinfre d’énormes grenades extra-mûres, à moitié fissurées… J’en empoigne une un peu fermement et PAF ! Elle explose entre mes mains libérant ces graines sur le drap étalé entre nous pour l’occasion. «Ha ! C’est pour ça qu’ils nous on fait asseoir en cercle, par terre. Malin… » Dans un éclat de rire tout le monde se jette sur les petites billes rouges de ce fruit si bien nommé, pour se les boulotter…

Une fois le carnage terminé, c’est à mon tour d’être à deux doigts d’exploser… Je me couche le ventre bien trop plein en espérant qu’ils ne nous prépareront rien le lendemain matin.
Un drôle de chant viendra envahir mes rêves pendant la nuit, une musique lointaine semblable à une complainte apaisante… Quelle douce musique pour se réveiller en douceur que la voix du Muezzin qui résonne dans la campagne… J’avais oublié que les Albanais sont principalement Musulmans !

Nous prenons aux aurores la route pour Shkodër, la première grande ville du pays. C’est un joyeux bordel où se croisent voitures hors d’âge, Vespa surchargées de denrées, animaux avec leur berger, charrettes tractées par des chevaux et vieux vélos. Le tout dans une harmonie qui force le respect. Les gens sont souriants et nous font des grands signes, nous interpellent en anglais, en allemand, … Ici le dress code c’est veston de costard noir et pantalon de velours, alors nous ne passons pas vraiment inaperçus avec nos habits fluo.
La seule chose qui freine notre enthousiasme est la quantité de déchets qui s’amoncelle sur le bord des routes, et le nombre impressionnant de maisons abandonnées en pleine construction… Mais tout cela disparaît bientôt de notre champ de vision, car nous attaquons une nouvelle ascension vers un autre massif montagneux, inhabité et sauvage. La route est une fois de plus magnifique, on se sent dans notre élément. Les voitures qui nous doublent nous donnent le sourire en quelques coups de klaxon – il faut savoir qu’en Albanie le klaxon est strictement réservé aux «Bonjour !» ou aux «Coucou j’arrive !» – et il n’y en a pas un qui nous oublie, Haha ! On cause musique, on chante du Mickey 3D quand on en a marre de l’espèce de raï traditionnel qui passe sur ma radio… Et Dario me fait découvrir le grand Pink Floyd : c’est le pied.

Jetmir, l’Irlandais

Ici tout le monde l’appelle Jackmir, Jackmir Waterford. C’est parce qu’il a eu la chance de partir un mois dans une famille d’accueil en Irlande quand il était gosse. Alors il a adopté leur nom, pour être sûr de ne jamais les oublier. Il a été sacrément marqué par cette aventure Jetmir (prononcez Yetmir), il nous en parlera tout le temps. De l’instant où il a compris que les deux gars plantés devant sa maison cherchaient un endroit où poser leur tente, jusqu’au moment où ils s’endormiront dans ses canapés, après avoir goûté à toutes ses spécialités.
Il ne parle pas assez bien Anglais alors il fait venir un cousin pour traduire.
«Ils m’ont recueilli vous savez, ils m’ont emmené à la fête foraine, on jouait à des jeux vidéo et on faisait des tours de vélo !» Nous dit-il en nous montrant un album photo. «Vous savez la vie n’est pas facile ici, il n’y a pas d’argent dans notre pays. Par exemple très peu de femmes ont un travail ici, déjà qu’il n’y en a pas assez pour les hommes… Alors elles restent à la maison, elles s’occupent des bêtes, et du garde-manger… Tu comprends ? Tenez, reprenez quelques marrons… Et du vin aussi, on en a fait plein cette année. Prenez, je vous dis ! Pardon, mais… Vous êtes mes invités !»
«Je t’assure qu’on fait tout notre possible Jetmir… Mais on n’en peut plus là. Et il faut en laisser pour ta femme non ? Je crois qu’elle n’a pas mangé. Elle est où d’ailleurs ?»
«Oh! ne vous en faites pas, elle est partie chez sa mère avec le petit. C’est pour que vous soyez plus relax, tu comprends ?»
«Tu en fais trop Jetmir…»
Il nous ressert une rasade de vin et de Rakia.
«On peut t’accompagner à ton travail demain ?»
«Oh oui avec plaisir ! Mais il faut se lever tôt, aussi ce ne sera pas très confortable pour vous… Je me lève à 5h, avec le Muezzin. Vous savez, quasiment tous les Albanais sont Musulmans.»
«Pas de soucis, on ne veut pas louper ça !»
Alors l’histoire ne dit pas si c’est les 2 litres de vin qui ont eu raison de son sommeil, ou bien la quantité de Rakia ingurgitée, ou tout simplement le fait qu’il se soit inquiété toute la nuit pour notre confort… Mais Jetmir, il s’est un peu oublié le lendemain matin. Et nous aussi du coup… Donc on a tous loupé le moment tant attendu de la journée, à savoir le dépeçage de la vache qui viendra alimenter en pièce fraîche l’étal familial !
Il est boucher Jetmir, boucher de père, en frère, en fils. Tous les hommes de la famille font ça. Mais malgré son retard, il nous fera quand même un petit cours à propos des pièces réservées au boucher : les pattes ! On n’en loupe pas une miette.

Bien que perdue dans les montagnes, la ville est plutôt grande, c’est un peu la capitale de la région. Les paysages alentours sont une fois de plus époustouflants, le soleil est caché depuis plusieurs jours mais les nuages donnent encore plus de contraste et de force à l’atmosphère ambiante. C’est un régal de pédaler dans ces coins reculés, les quelques villages que nous croisons sont en bonne partie abandonnés mais nous avons toujours droit à notre lot de sourires et de signes affectueux lancés à la volée. Une bonne partie des Albanais ont immigré en Suisse ou en Allemagne un jour, alors quand Dario leur dit qu’il en vient… C’est l’explosion de joie ! On discute avec tout le monde et ça ne s’arrête jamais car il en arrive sans cesse d’autres qui veulent nous raconter leurs années de travail à Berne, à Genève ou dans la campagne Zurichoise… On a vraiment des choses en commun, c’est assez déconcertant. Pour le coup les échanges se font en allemand, alors c’est Dario qui traduit.

Quand nous roulons, les voitures s’arrêtent pour nous demander d’où l’on vient et si tout se passe bien en Albanie. Ils ont l’air assez inquiets à ce niveau-là… Même les flics s’arrêtent parfois.
En l’occurrence, on s’était fourrés dans un buisson super épineux à la recherche de baies de genièvre pour agrémenter nos plats… La routine quoi (Ah ! Parce que vous croyez qu’on mange des pâtes au sel ? Vous croyez qu’on en chie ? Haha ! Nous aussi, c’est ce qu’on croyait… ).
Enfin en ce moment on ne cuisine pas vraiment, car les Albanais nous invitent tout le temps.

Marietta, l’Espagnole

Il fait nuit depuis longtemps quand nous arrivons devant sa maison, ça fait des kilomètres que nous roulons sans croiser âme qui vive et que le relief est quelque peu… inadapté au camping sauvage. La maison semble grande. Elle est totalement cernée de hautes palissades, faites de bric et de broc. On tente une approche. La belle Marjetta, 24 ans, auto-élue plus belle fille du coin, nous ouvre le portail avec un air surpris. Elle nous invite aussitôt à nous installer dans l’ancien café qu’elle tenait avec sa famille il y a quelques années mais qui n’est plus utilisé. Elle me parle dans un espagnol parfait car, comme c’est elle la plus intelligente des environs (Ah… Aussi ?), elle a eu une bourse pour étudier à Tirana, la capitale. C’est vraiment dur de reprendre cette langue après s’être habitué à penser en anglais ou en italien pendant deux mois… Alors j’ai du mal à répondre mais au moins je comprends, donc je peux traduire.
«Mais… Vous savez où vous êtes, les garçons ? Non, je ne pense pas… Vu l’heure qu’il est et vu que vous êtes toujours sur la route, je ne pense pas qu’on vous ait tout dit sur la région… ! Vous êtes dans la plus dangereuse vallée d’Albanie là ! Ici personne n’oserait se promener la nuit… Encore moins à vélo ! Non mais vraiment… D’habitude nous n’ouvrons jamais aux inconnus, mais là vous allez vous faire tuer, vous savez ? Ici ça se passe comme ça ! C’est le problème avec la drogue, les armes, la politique… La région n’est vraiment pas sûre… Et c’est un peu pareil dans toute l’Albanie. Comment avez-vous fait pour arriver jusqu’ici d’ailleurs ?»
À la vue de nos têtes hébétées, elle enchaine aussitôt : «Vous êtes fous. Voilà ! Vous êtes fous, c’est tout ! J’espère que vous avez une balise GPS sur vous au moins, pour prévenir la police et votre famille quand vous vous ferez enlever ?»
Là, je commence à sourire. Je sens qu’il va falloir y aller doucement avec la belle Marjetta si on ne veut pas qu’elle nous tombe dans les pommes… Cette famille flippe complètement sur son propre pays. Ils nous peignent un tableau terrifiant de l’Albanie (et peut être à raison, nous ne savons pas). C’est un bloc, un mur. Nous sommes le diable, ils sont les justes. Ah oui, car nous sommes dans la maison de Jésus là. «Presque tous les Albanais sont chrétiens, pourquoi cette question ?»
Alors quand on parle de tour du monde, loin de la famille et de la maison. Qu’on fait de la highline pour se détendre les week-ends… Ce n’est pas possible. Fermez les écoutilles, ne les écoutez plus ! Ils campent sur leurs positions et la discussion n’aboutit à rien de constructif. Cependant on a des oreilles, et ils ont des trucs à dire, alors on écoute.
L’une des choses qui me marquera le plus est leur relation au travail. Le père est ingénieur et bosse dans la centrale hydro-électrique d’à côté. On pourrait penser que cela fait d’eux des gens plutôt aisés par rapport aux autres, mais pourtant… Il a un deuxième boulot : vigile de nuit pendant les week-ends, dans cette même centrale. Ils tenaient un café, et maintenant ils ont un petit business de tabac dans la ville d’à côté. Marjetta ayant fini ces études (ingénieur Protection de la Nature), elle va enfin pouvoir les aider. Et pour couronner le tout, ils ont 5 vaches, des poules et tout le tintouin… Bordel ! J’ai déjà dit que je nous trouvais plutôt chanceux ?

Néo, l’Élu.

Nous continuons notre route le plus prudemment possible, s’attendant à être agressés à chaque fois que quelqu’un nous fait un signe de la main… Et atteignons enfin la frontière avec le Kosovo.
Kosovo. Rien que le mot fait peur… Pour moi qui ai suivi les actualités de loin étant gamin, tout du moins. Il y a eu une guerre, il n’y a pas longtemps, mais franchement je n’en sais pas bien plus. Je n’aurais même pas pu dire si c’était un pays à part entière ou pas… Mais heureusement, Néo a éclairé nos lanternes.

Néo est un punk Kosovar (Heu, pardon… Albanais : «Le Kosovo c’est l’Albanie les gars ! Il ne faut pas regarder les frontières ici !»), qui vit incognito à Gjakovë, une grande ville du pays. Incognito car toute excentricité nuirait fortement à ses chances de trouver un travail, et «150€/mois c’est pas beaucoup, tu comprends ?». Nous le rencontrons dans la vieille ville et il nous invite à boire un verre avant d’aller dormir chez lui.
C’est d’ailleurs la vieille ville la plus incroyable que j’ai jamais vue. Les maisons ne sont que d’un étage et les fils électriques tissent une toile d’araignée géante au-dessus de la rue, lui donnant une ambiance de Western…

«Si la ville est comme ça, c’est parce qu’elle a été entièrement détruite pendant la guerre, en 1999. C’était la ville la plus riche de la région avant, alors c’est elle qui a le plus ramassé… Mais je vais vous montrer une vidéo, c’est plus simple. Regardez, en ce moment nous sommes dans cette rue…»

D’un coup, tout devient plus clair. Toutes ces maisons en construction, que l’on croyait abandonnées,  et que l’on voit depuis 4 jours, sont en fait le fruit de la fastidieuse reconstruction du pays ! Bordel, tout avait été rasé! Ces gens n’ont ni travail, ni argent, mais malgré tout, en seulement 15 ans, ils ont reconstruit leur ville ! C’est un vrai exploit ! Alors on leur excuse absolument tout, même les détritus, pour ne plus les regarder qu’avec des grands yeux.
«Les chantiers ne sont pas abandonnés, c’est juste que les gens attendent de l’argent pour les continuer. Et puis le gouvernement ne nous aide pas, tu sais. C’est très dur d’avoir un passeport ici, et quand bien même on en a un, les autres pays européens nous refusent le VISA. C’est pour ça qu’il y a tant de clandestins… On immigre pour la Suisse  illégalement, et on espère avoir le statut de réfugié.  Sinon… Tu vois ce paquet de clopes, là ? Y’a 5 grammes de weed dedans. Tu le vendrais combien à Paris par exemple ?»
« Je ne m’y connais pas trop, mais j’imagine autour de 50€ ?»
«Ici, ça coûte 3,5€. Et 50€, c’est un tiers de notre salaire… Tu comprends maintenant ?»
Et nous on est là, avec nos bicyclettes et nos passeports en or massif… Un an d’économie sur un compte en banque et une gentille envie de découvrir le monde. Petits cons.
Malgré tout ça ils sont souriants, attentionnés, terriblement lucides sur leurs conditions et pas jaloux pour un sou. On reste scotchés.

Je continue à fouiller dans mes notes en attendant le retour d’Alex. Il faut absolument que je parle avec lui de ce que l’on a vu aujourd’hui, à Scopje. Il se passe de drôles de choses ici… Et j’ai deux ou trois questions à lui poser sur le Kosovo aussi. J’ai bien compris que les Albanais l’habitent et le revendiquent, mais pourquoi avons-nous été hébergés (en plein Kosovo), par une communauté Bosniaque qui nous a affirmé que nous étions en Serbie ? Et qu’est-ce que c’est que cette histoire de Grande Albanie qui engloberait aussi une partie de la Grèce, de la Macédoine et du Monténégro ? Ces gens sont trop extraordinaires pour laisser ces questions en suspens… Mais j’entends Alex arriver. Il est 22h, j’espère qu’on va pouvoir papoter.

Clem

J57 à J63 sur la carte…

Ps: Pour de la vraie littérature, les aventures de Dario sont là…

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