Défi n°10 (Clem)

  • Défi n°10 (Clem): Se faire inviter dans une gentille famille pour un repas local « typique » dans la région du lac de Skadar (Albanie) avec une bonne bouteille de Kallmet (cépage local considéré comme le meilleur cépage autochtone pour le vin rouge produit à Shkodra) et manger du Kukurec : des intestins de mouton garnis et parfumés à la marjolaine et finir avec une lampée de Raki 😉 en disant « gëzuar », littéralement « à votre bonheur » ! Défi raté

Je suis maintenant rendu en Grèce… J’ai vraiment attendu le plus longtemps possible pour me laisser un maximum de chances de réunir toutes les conditions pour réussir ce défi… Mais je crois qu’il est temps de m’avouer vaincu. Je n’ai définitivement pas trouvé ces fameuses tripes de moutons farcies à la marjolaine…

Rhaaa !!! Déception!!
Mais bon, ce n’est pas un échec cuisant non plus. On n’a peut-être pas trouvé ces tripes de moutons, mais on s’est quand même bien fait plaisir dans nos petites familles albanaises. Et au fond, c’est ça le plus important.
On a été hébergés par une 10aine de familles, alors on a un joli aperçu de leur façon de vivre et de manger maintenant.
Comme je le disais dans le premier article sur ce pays, chez eux tout est home-made. Et si ce n’est pas la famille qui a fait telle ou telle chose, c’est la grand-mère, le voisin ou les cousins… Ils font vraiment tout, c’est assez dingue. Alors du coup, ils ont une qualité de produits incomparable, il n’y a pas plus local, tout est frais !
Comme chaque famille a des vaches, au petit déj on boit du lait encore chaud, tout juste sorti du pis. Ensuite, la maman fait son fromage avec les litres restants en suivant la recette familiale. C’est généralement une sorte de feta, mais ça peut aussi tirer sur du yaourt plus liquide… Enfin dans tous les cas, c’est de la tuerie.
Ils conservent tous leurs légumes dans du vinaigre, type poivrons, tomates vertes, … Ça, ils en servent vraiment à toutes les sauces.
Ils font leur pain bien sûr, c’est la base. Le rakia aussi, avant le pain d’ailleurs (la niôle de là-bas). Je ne compte plus les G’zuar! , la première chose qu’on fait en rentrant dans une maison, c’est boire un canon. Mais ce qui masterise tout, c’est leur vin… Ils font du pinard, ma parole !!! On n’appellerait pas ça du vin en France parce qu’ils ne mettent aucun produit dedans, même pas du soufre, donc il n’arrête jamais sa fermentation et doit être bu dans les… 6 mois, je dirais. Mais qu’est-ce que c’est bon !!
Bon, pas à chaque fois non plus, on a bu de la grosse piquette qui te ronge l’estomac… Mais dans la plupart des cas, c’est une espèce de nectar de raisin, fruité comme pas possible… de la folie !
Pour les légumes c‘est que du local, du coup c‘est vachement intéressant parce qu’ils vivent vraiment avec les saisons. Après, ils ont quand même un climat favorable, on mangeait des carottes et des tomates fraîches du jardin fin novembre par exemple…

Enfin bref, on a toujours été accueillis à bras ouverts, avec mille plats à goûter et à déguster, au point que s’en était dur à gérer d’ailleurs… Trop de bonnes choses, je ne peux pas refuser (je ne sais pas faire, c’est comme ça) mais au bout d’un moment, c‘est plus possible quoi… Ce n’était pas facile tous les jours, je vous le dis !
Pour revenir au sujet principal, la chose que nous avons goûtée qui se rapproche le plus du défi, c’est une soupe de tripes de veau avec des gros haricots blancs. C’est un peu la base de leur alimentation ça, la soupe de beans.

Enfin, pour me faire pardonner je vous offre ce petit reportage photo avec Jetmir, notre ami boucher. Parce que la viande est tellement bonne ici, tellement fraîche… Mmmh, un régal! Leur façon de la préparer est un brin rudimentaire, mais franchement je ne vois pas ce qu’ils pourraient envier à nos abattoirs stérilisés et à nos fabriques de minerais de viande qui remplissent nos assiettes mais pourrissent notre santé !
La suite en image.

Clem

PS : Depuis que je suis dans les Balkans (Croatie, Monténégro, Albanie, Kosovo et Macédoine) le glanage urbain est enfin impossible : la nourriture étant essentielle, ils ne jettent rien, et refilent tout aux animaux. Je peux donc enfin réutiliser mon porte-monnaie pour acheter des pommes cabossées et des carottes terreuses. Joie !
Je précise que tout notre périple en Belgique, Luxembourg, Allemagne et Autriche s’est entièrement fait sur le dos de la société de surconsommation. Et j’en suis vachement fier !

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