Défi n°16 (Flo & Clem)

  • Défi n°16 (Flo & Clem): C’est bientôt Pâques! En France, on va manger des œufs en chocolat. Je vous propose de faire découvrir cette tradition à vos prochains hôtes. (bon courage pour les œufs…).  Défi raté mais…

Dans un premier temps, je crois ne pas avoir bien saisi le sens de ce défi… Chez moi, le jour de Pâques est un moment particulier de l’année où des cloches ailées viennent cacher des oeufs en chocolat autour de nos maisons, pour que petits et grands s’amusent à les chercher tout en se régalant de leurs trouvailles.
Bon, voilà. C’est simple non ?

Explique-moi maintenant où tu as vu que ce sont les hommes qui fabriquaient puis cachaient les oeufs ? Désolé, mais ça sent la triche à plein nez, ton truc… Et je ne mange pas de ce choc’ là !

Dans un second temps, tu demandes à ce qu’on se prête à ce petit jeu le jour même de Pâques. Très bien. Mais as-tu pensé à ces pauvres cloches qui allaient devoir se farcir un France-Iran après leur journée de travail, juste pour nos deux pommes ? Déjà, il leur faut trouver la route, car ça doit faire un paquet d’années qu’elles ne sont pas venues ici, vu la tendance légèrement musulmane des lieux (République Islamique d’Iran, j’te ferai dire… ). Va leur parler de résurrection en chocolat et tu verras comment tu seras accueilli…
Et puis en plus, pense un peu au changement d’heure. Le jour de Pâques en France tombe ici le 13 du premier mois de l’année 1394 ! Soit 721 ans, 2 mois, 19 jours et 2h30 de décalage horaire par rapport au calendrier perse !!
Mince, elles ont bien le temps de se planter, les pauvres !

Donc pour faire simple : ton défi qui ne tient pas la route pour les raisons énoncées plus haut, n’a pas été réussi (la faute aux cloches évidemment, qui ont eu du retard).
Cependant, étant tout à fait compréhensifs vu les circonstances atténuantes, nous avons patienté jusqu’à leur arrivée. Malgré l’état des oeufs après ce long voyage à travers le temps et l’espace, je peux assurer que nous ne leur en voulons pas le moins du monde, étant donné la régalade qu’elles nous avaient prévue…

Mais laissez-moi vous compter cette histoire. Tout commença quelque part en Iran, aux alentours du jour de Pâques…

Ayant essuyé un refus cuisant pour entrer dans le désert, c’est la mine renfrognée et le coeur plein de mauvaises pensées colportées par les tempêtes de sable qui terrassent les caravanes, que nous décidâmes de contourner les collines de sable par la route principale.
Une infâme autoroute déchire le désert comme un tremblement de terre et transforme les pâturages verdoyants et les villes de nos parents en terres arides et stériles parsemées de ruines et de crânes.

«Rhaaa… Gibran ! Sors de ce corps, bordel ! Poète des pauses ensoleillées et des nuits sans sommeil… ton lyrisme va me tuer !
Bien, je reprends.»

C’est donc tout penauds que nous nous sommes engagés en fin d’après-midi sur cette route bien longue qui borde le désert, sans aucun village pour faire escale jusqu’au lendemain. Peu de temps avant la tombée de la nuit, nous avons cependant aperçu ce qui devait être un petit bois, à quelques kilomètres de la route. En dehors d’une oasis, les arbres, ici, ne poussent pas sans irrigation, et dans les deux cas l’homme n’est pas loin.
Malheureusement à notre arrivée sur place, le voile de la nuit avait déjà recouvert les lieux, qui n’étaient en réalité qu’une parcelle cultivée et hautement protégée par des barrières et des monticules de terre. Personne ne vivant ici la nuit, nous avons décidé de planter notre tente sur les rives de ce qui semblait être une retenue d’eau asséchée.

Comme à chaque bivouac, les réflexes et la routine prennent le pas et en moins de deux…
Ah… non… en fait, c’est le premier bivouac sauvage depuis que nous roulons ensemble, Flo et moi… Hé hé.
Enfin bref, après quelques heures assis par terre à papoter autour d’un bon repas, je me décide à faire une petite balade nocturne pour admirer les étoiles.
Tongues au pied, j’avance en tenant ma frontale dans une main et mon ventre dans l’autre… (encore une sacrée plâtrée de riz avalée ! ). Quand soudain, après au moins 5 mètres de promenade, je marche d’un pied sur les fragments de quelque chose de solide et cassant à la fois et shoote de l’autre dans ce que je prends pour une grosse pierre ronde.
«- Aie !»
J’éclaire mes pieds quelques secondes avant de m’exclamer :
«- Flo ! Faudrait peut-être qu’on se renseigne sur les bêtes qui vivent dans le désert, non ?

La lumière, au petit matin, nous permettra en effet de réaliser la bizarrerie de la chose : nous avons installé notre tente à 2 mètres d’un cimetière d’oeufs d’autruche ! Quelques belles pièces intactes sont dispersées autour de nous, et des centaines de fragments sont éparpillés un peu partout, accompagnés de plumes et de matériel vétérinaire usagé…
«Des oeufs d’autruche pour le déjeuner ? Ça te dit ?»
Merci les cloches pour ce beau cadeau, quelques jours après Pâques ! Nous nous excusons pour la casse et la fraîcheur un peu passée des survivants, c’est l’intention qui compte comme on dit !

Clem

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2 réflexions sur “Défi n°16 (Flo & Clem)

  1. Les cloches ont quand même dû passer en Iran… Il y a une petite communauté de chrétiens dans le nord du pays.
    « Ils sont très bien acceptés et vivent librement leur religion dans notre en Iran! » Nous as-t-on dit…
    N’empêche que les chrétiennes iraniennes sont quand même tenues de porter le voile… et tout le monde de respecter le ramadan…

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