37. La Pangi Valley

Ça y est ! Cette fois-ci, ça grimpe !
Les immensités plates de la péninsule indienne sont derrière moi, et pour la première fois depuis des semaines (mon dernier vrai col remonte à la sortie de la mer Caspienne… en Iran !) je repasse enfin le petit plateau pour une grande et longue ascension.
Je n’arrive pas vraiment à réaliser ce qui m’attend d’ailleurs. Devant moi s’élèvent les contreforts de l’Himalaya, appuyés sur la mythique chaîne du Karakorum, officieusement aux mains du Pakistan. Et ma destination finale est la ville de Leh, au Ladakh, à deux pas de la frontière avec le Tibet que se disputent Indiens et Chinois.
En gros : un cul de sac.
Et un cul de sac qui se mérite, puisqu’il me faudra gravir plus de 30 000m de dénivelé positif, en bonne partie sur piste, en passant par des cols qui dominent largement le Mont Blanc. Vous aurez deviné que je vais aussi redescendre de temps en temps.

La voie classique, depuis la ville de Jammu, est l’highway qui mène plein nord à Srinagar, puis qui bifurque vers l’est en direction de Leh. Cette route est le cordon ombilical qui permet de ravitailler en denrées et matériels toute la zone du Cachemire. Une route de plus de 850km, au milieu des montagnes les plus capricieuses qui soient, et que parcourent sans cesse les camions de ravitaillement et les tankers de pétrole.
Depuis Leh, la capitale du Ladhak, existe une autre route qui permet de ralier la ville de Manali à 350km au Sud. C’est la seconde et dernière solution pour approvisionner cette contrée, mais le trajet est bien plus difficile de par le relief des hauts plateaux de la région, entre 4000m et 5000m, et mère nature ne fait qu’une bouchée des routes que les hommes essaient de tracer en son paradis terrestre.
C’est ce que l’on appelle un désert froid. Rien ne pousse, rien ne coule, il ne pleut quasiment jamais et les montagnes égrènent sable et roche au gré du vent. On y brûle sous les 40 degrés du soleil d’été tant l’air est pur et sec, et on grelotte dès qu’il se cache, la température pouvant plonger à -30 degrés en hiver… La route, dans ce milieu extrême, est ravagée chaque année par des avalanches ou des coulées de boue, si bien qu’elle est réduite le plus souvent à une simple piste de sable et de caillasse.

Pour ma part, j’ai décidé de suivre les conseils peu avisés de Naveen le Warmshowers de Jammu, et de tenter la Pangi Valley. Une piste étroite et sinueuse, remontant à pic la vertigineuse Chenab river sur tout son long, reliant d’ouest en est le fameux axe Jammu-Srinagar, et la terrible route de Manali-Leh. Une sorte de raccourci. Ou de variante plutôt, car je n’aurai pas moins de kilomètres à parcourir. Par contre, je resterai éloigné du trafic routier pour mieux m’enfoncer dans les vallées perdues du Cachemire, à la rencontre de ses habitants. Car si deux routes seulement sont utilisées pour le ravitaillement des 100 000 habitants du Ladhak et des quelque… 150 000 soldats de l’armée indienne qui défendent les frontières, il existe aussi une multitude de pistes plus incroyables les unes que les autres qui s’aventurent dans des vallées à première vue inaccessibles pour desservir quelques villages accrochés à la montagne.

Le premier jour, le sentiment de liberté et d’aventure que je ressens me fait avaler plus de 80 km de routes pentues. C’est tout nouveau pour moi. Il ne s’agit pas d’un col à franchir avec l’idée que l’ascension sera suivie de la récompense d’une belle descente en fin de journée, non. C’est à une montée interminable qui va durer plusieurs semaines que je suis en train de m’attaquer. Et étrangement, cette idée me remonte à bloc. Malgré la chaleur étouffante et l’humidité de la jungle, je suis plein d’énergie. Je pédale le sourire aux lèvres, heureux.

Dans la matinée, je m’extirpe d’un bouchon de véhicules bloqués au milieu de nulle part. La raison ? La même qui a empêché Naveen de se rendre à l’hôpital dans lequel il pratique pendant trois jours : un glissement de terrain. La voie n’est pas encore ouverte qu’un autre caprice de la gravité fait tomber des blocs de plusieurs tonnes sur la route ! Ça passe au compte-gouttes, des ouvriers bossent à installer des explosifs dans les cailloux pour libérer la voie, je me faufile entre eux avec mes sacoches blindées!

Eboulement et glissement de terrain quotidien...

Eboulement et glissement de terrain quotidien…

Peu de temps après, j’assiste en direct à une démonstration de force de mère nature envers les misérables fourmis qui s’obstinent à cheminer sur son sein. Une bonne grosse averse de mousson s’abat sur la montagne. Je continue à grimper car l’air est chaud et la pluie tiède, bien qu’elle soit aussi violente que celles de nos plus gros orages d’été. Ce n’est pas désagréable mais en quelques instants les cours d’eau gonflent et débordent de leurs lits transformant la jungle luxuriante qui entoure la route en une mangrove torrentielle. Les rivières charrient boues et rocs sur la chaussée, il y a parfois plus de 20 cm d’eau rougie par l’argile sur celle-ci, puis les flots se déversent avec puissance dans le ravin…
Mais comme chacun sait, une pluie de mousson est de de courte durée. A peine une demi-heure plus tard, le soleil refait son apparition, dévoilant les dégâts du jour aux petites ouvrières déjà attelées à réparer la fourmilière.

Le soir même, une bande de commerçants de bord de route m’invite spontanément à passer la soirée avec eux et à dormir là. On me file un breuvage étrange dans un petit gobelet en plastique, ceux-là même qui jonchent le sol autour des boutiques, un truc mi-rosé mi-laiteux qui sent le thé. Cachemiri tea me dit-on. Paraît que c’est bon.
«Pouaah… !!! Mais c’est salé !»
Ça rigole autour de moi, ils savent bien que les visiteurs ne sont pas habitués à leur breuvage traditionnel. Le thé au lait avec du sel rose. Avec beaucoup de sel rose à vrai dire !
Il faudra s’y faire, la première gorgée surprend mais finalement ce n’est pas si mauvais.
Les gars me disent que c’est la fête nationale indienne le lendemain, et que je suis leur invité d’honneur. Bah voyons… Invité d’honneur !
Il va y avoir une cérémonie au village, je dois rester. Et puis, le rice-dal arrive ! Ha ha ! Je ne peux résister. L’accueil des Cachemiri s’annonce bien !

Mon hôte du soir m’explique que la fête nationale est un événement très important en Inde, et tout spécialement ici au Cachemire. Ça peut être chaud d’ailleurs… me fait-il comprendre en affichant une moue pensive.
Intrigué, je lui en demande d’avantage. Il me répond avec plaisir devant un cachemiri tea.
Le Cachemire est une région de l’Inde à forte proportion islamique. Ils sont majoritaires ici, me dit-il, mais à l’inverse du Rajastan, les Musulmans du Cachemire s’estiment plus Pakistanais qu’Indiens. En 1947, quand a été déclarée l’indépendance de l’Inde, Ghandi, charismatique figure de proue, héros de la non-violence a demandé aux habitants de choisir leur camp, hindou ou musulman, et proposé de créer des zones autonomes pour les régions à dominante islamique. Quelques années plus tard naissaient le Pakistan et le Bengladesh, deux nouveaux états détachés de l’Inde, à large dominance musulmane.
Mais comme toujours dans ce genre de scissions où l’on crée des frontières pour plaire à une majorité, il reste le problème des minorités…
Les Hindous du Pakistan ont été victimes de violentes persécutions, et les survivants ont aujourd’hui presque tous fui vers l’Inde ; mais les Musulmans du Cachemire, resté indien à quelques voix près, n’aspirent qu’à intégrer aussi le Pakistan. Évidemment, il n’est pas question pour ces gens de quitter leur terre natale, les montagnes qui ont vu naître et mourir des générations d’ancêtres. Ils demandent donc le rattachement du Cachemire au Pakistan, tout naturellement.
Mais la non-violence ne semble pas être une qualité partagée de tous, et quelques extrémistes pakistanais ne peuvent s’empêcher de balancer une bombe de temps en temps sur leurs chers voisins indiens pour leur rappeler qu’ils revendiquent toujours le Cachemire, depuis 67 ans.
Et ces bombes, elles, sont particulièrement attendues le jour de la fête nationale indienne, celle-là même qui célèbre la scission avec le Pakistan.
«Donc, me dit-il, on s’attend tous à ce que ça pète quelque part d’ici à demain…»
Bien. Rassurant tout cela.
«Je vais rester avec vous, qu’en dis-tu ?» Invité d’honneur… Ha ha !
Comme pour donner raison à mon hôte, quelques coups de mortier seront tirés dans une vallée frontalière, d’un flanc à l’autre de la montagne, faisant quelques morts dans un village indien. On hausse les épaules d’un air navré, dépités par tant de bêtise… La triste routine entre l’Inde et le Pakistan.

Ceci dit, sur tout mon parcours au Cachemire, je n’ai pas croisé un seul Musulman. La raison en est bien simple, nous sommes en plein festival hindou ! Et dans ces moments-là, ces derniers prennent beaucoup, beaucoup de place…
Ne vous attendez pas à un festival à la française, avec des groupes de musique et des spectacles de partout, non non ici, si festival il y a, ce ne peut être que pour des raisons religieuses. Il se trouve qu’en ce moment, et durant tout le mois d’août, les bons Hindous se doivent de célébrer je ne sais plus quel dieu, et que l’aboutissement de leur ferveur religieuse ne sera atteint qu’en effectuant la puja dans un temple mystique bien défini, difficile d’accès car perdu dans la montagne.
Et l’un de ces temples se trouve être très exactement sur ma route ! 150 km plus loin, au bord de la Chenab river, juste avant que ne démarre la fameuse Pangi Valley.

Maintenant ce qu’il faut savoir, c’est que les festivals sont l’occasion pour les Indiens de partir en vacances. C’est d’ailleurs, à peu de chose près, les seules vacances qu’ils s’accordent. Aller prier un dieu, à perpète, et accomplir un pèlerinage qui les rapprochera de l’état de pureté tant recherché pour leurs principes de réincarnation. Les plus courageux font le pèlerinage à pied, les plus cools à bicyclette. Mouarf ! Les plus fous le font couchés afin de mesurer avec leur corps la sainte-distance qui les sépare du temple… et les plus riches le font en consommant du pétrole, comme d’habitude, en bus ou en voiture.
Bref, moi qui m’attendais à être pénard, je vais bouffer de la poussière !

De la poussière… mais pas que ! Car dans ce genre de festival, le top du top de l’élévation spirituelle est le don. Notamment, le don de bouffe ! Donc, tous ceux qui ont la chance d’habiter sur la route du pèlerinage et qui accordent de l’importance aux bons-points de pureté brahmanique, ouvrent avec des potes un landar : une buvette, un restau ou un petit snack entièrement gratuit. Ils posent quelques lacks sur la table, (l’unité qui signifie 100 000 roupies, soit environ 1500€) et paient des tournées à tous les pèlerins de passage.
Après un mois de don collectif, je ne vous dis pas le paquet de pureté qu’ils ont gagné, ces gars-là !
Pour ma part, je le mesure facilement à l’évolution croissante de mon tour de taille. Imparable. Le bonhomme Michelin prépare son prochain guide…

Pendant une semaine, je roule de landar en landar, engloutissant sur mon passage autant de kilomètres que de chapatis, de rice-dal, de curry de légumes, de samosas, d’alu-puri et de litres de chaï. Ce n’est pas compliqué, j’ai compté en moyenne un landar tous les dix kilomètres. Systématiquement, c’est le même scénario : une bande de jeunes surexcités dansant au milieu de la route sur des airs bollywoodiens me saute dessus, me force à descendre du vélo et me gave de mets. Chaque landar a son équipe de bénévoles, comme je vous le disais : c’est les vacances ! Tous cuisinent des trucs différents en fonction de leurs moyens et de ce qu’ils savent faire. Ça danse, ça chante, et un peu à la façon des Sikhs, ils ne laissent partir leurs «invités» qu’une fois les avoir totalement rassasiés !

Pas facile tous les jours, la vie à la montagne… D’autant plus que leur hospitalité ne se limite pas toujours à un simple repas, mais peut aller jusqu’à l’hébergement complet. Cela m’a d’ailleurs permis de faire plein de belles rencontres et de voir des habitats très différents. Passant d’une espèce d’énorme ferme savoyarde à un campement de tentes faites en toile de parachute ou à une maison de montagne, à une heure de marche de la route principale.

Ce coup-là, je suis tombé sous le charme du petit couple qui tenait le landar familial. Les deux seuls Indiens que j’ai vu s’aimer. Après trois mois en Inde, il y a des choses comme ça qui marquent. L’ Amour. Enfin ! Ces gens-là se sont mariés par Amour et non par arrangement, quel plaisir… vous ne pouvez pas imaginer à quel point j’ai été enchanté de l’apercevoir à nouveau…
Ils m’ont invité à passer une seconde nuit avec eux, mais dans leur village cette fois-ci. Avec toute la famille – 17 personnes, la moyenne par ici – pour voir leur mode de vie, prendre le temps de respirer l’air de leurs montagnes, et se balader dans les cultures en espalier où poussent en quasi-permaculture du maïs, des tomates, des courges, du blé et des lentilles, des pommes, des poires et des abricots. Un vrai petit paradis, totalement organique, où tous les membres de la famille s’occupent à leur façon de la bonne marche de la maison. Les deux frères et leurs femmes respectives sont enseignants dans les villages alentours. Parfait pour garder la forme au vu des quelques heures de marche quotidienne pour atteindre les écoles de la vallée. Le grand-père et le petit Main s’occupent de mettre en caisse les légumes frais qui seront descendus à dos d’homme pour être vendus en ville, les grands-mères oeuvrent en cuisine et s’occupent des chèvres et des buffles, les filles transforment le précieux lait en beurre, fromage ou curd… La vie est simple et belle. Une vie de famille, soudée pour le meilleur et pour le pire. La Famille… avec un grand F !

Je finis cependant par arriver à bout de la route du pèlerinage. Au village nommé Paddar, tout le monde s’arrête. Je retrouve les centaines de bus qui m’ont doublé ces derniers jours, quelques personnes me reconnaissent, l’ambiance est très bon enfant. Je fais un passage par le check-post militaire pour signaler une énième fois ma présence ici, puis je m’engage enfin dans la fameuse Pangi Valley. Les pèlerins continuent à pied dans une autre combe, je laisse donc ces braves dévots pour retrouver le calme des montagnes.

Cette évolution le long de la Chenab restera gravée à jamais dans ma mémoire. Ces petits villages, accrochés dans des pentes inconcevables, inaccessibles, ces vallons encaissés… Chaque courbe de la piste dévoile une nouvelle habitation, toujours plus haut, toujours plus perdue. Je m’amuse à regarder depuis la route qui prend de la hauteur sur la rivière, le chemin que les gens doivent parcourir pour aller chez eux. C’est effarant. Les cultures en espalier subliment la montagne, comme si l’homme avait voulu en souligner les courbes altimétriques avec des terrasses de blé ou de millet. Les gens s’activent en contre-bas, les femmes sont aux champs, les hommes remontent sur leur dos les récoltes à vendre ou à stocker. C’est merveilleux. Un tel isolement… je n’arrive toujours pas à réaliser.

La Symphonie Pastorale est conseillée.

La piste s’élève de plus en plus, la pente est maintenant très raide et je dois pousser le vélo régulièrement. La route vient s’accrocher à la falaise, suivant une vire vertigineuse 200 m au-dessus de la rivière… puis vient enfin le moment tant attendu. Celui qui, entre tous, m’a attiré jusqu’ici. Je l’avais en tête depuis que Naveen m’avait montré quelques images de cette vallée. Le passage le plus vertigineux qu’il m’ait été donné de franchir à vélo. La route de toutes les prouesses, celle des hommes qui l’ont bâtie d’abord, celle des habitants qui s’y risquent régulièrement pour accéder à leurs villages ensuite.

Certains disent que c’est la route la plus dangereuse du monde. Je ne sais pas si elle a beaucoup de rivales, mais à la vue des véhicules encastrés dans le fond des gorges, je me dis qu’elle mérite bien sa réputation… Ni bus, ni camions. Seuls les taxis 4×4 peuvent passer ici.  Et comme ces derniers sont rares, ils sont souvent surchargés… 12 personnes, 15 personnes… Quand l’un d’eux fait le saut, c’est plusieurs familles qui disparaissent.

Depuis la route, j’aperçois un petit village, dans le soleil couchant. Mon objectif du soir. Là-bas un homme m’ouvre sa porte pour la nuit. Un homme qui n’a jamais dû voir de vélo de sa vie. Le voyage signifie-t-il quelque chose pour lui ? Pourtant, je suis chez lui, et c’est normal. Dans le silence de la montagne, dans le noir d’une nuit sans électricité ni lune, il me racontera que sa soeur était dans l’un de ces 4×4 malchanceux, et qu’elle a fait le saut l’année dernière. Aucun corps n’a été retrouvé.

Le silence revient, comme si rien ne pouvait lui résister. Comme si l’homme n’avait pas son mot à dire dans ces montagnes. Un silence pesant. Écrasant. Pas un son ne se dégage des 40 maisons du village. 40 maisons, ça fait 400 habitants ici… Après le coucher du soleil, le voile de la nuit recouvre tout. Il étouffe les bruits, cloître les hommes dans des chaumières noires sans lumière ni chaleur… Le silence enferme tout, le sommeil est la seule issue.

Au petit matin, je mange avec calme et attention le petit bol de dal et les quelques chapatis de millet que me prépare la femme de mon hôte. Je ne connais pas leurs noms. De toute façon, on ne parle pas. Aucun son n’est proféré. Seul règne le silence des montagnes à peine rythmé par le crépitement du feu de bois sur lequel mijote le dal, composé de blé complet et de petits haricots inconnus. Il est délicieux.
Cette femme continue à me servir, recroquevillée sur elle-même dans un recoin de la petite pièce qui fait office de cuisine et de salle à manger. On ne tient pas debout à l’intérieur, les murs sont noirs et le soleil n’arrive pas à filtrer à travers la crasse de  l’unique vitre. La femme n’ose pas me regarder. Elle doit être aussi jeune que moi, voire moins âgée encore. Son mari dépasse sans peine la cinquantaine. Elle se cache sous son sari, baisse les yeux… Je vois la crainte sur son visage. Et surtout la soumission.
Une fois mon repas terminé, elle disparaît et reste cachée dans une pièce sombre de la maison. Je ne la reverrai pas, et ne connaîtrai pas le son de sa voix.
Je crois qu’elle était belle.

Je fais mes adieux à mon hôte quelques minutes plus tard, après avoir minutieusement rangé et bouclé mes sacoches. Toute chose à sa place, je pourrais faire ça les yeux fermés maintenant. Je quitte la petite pièce qui sert d’autel hindou et de chambre à coucher, désescalade l’échelle qui permet de rejoindre la route, et pars en lançant un ultime signe de main à la maisonnée.
Adieu, pensais-je. Que le silence et l’austérité des montagnes reprennent leur place, je les ai bien assez dérangés comme ça.
Derrière moi, l’homme a retrouvé sa petite chaise de bois posée au bord de la terrasse, il semble à nouveau contempler le vide, l’air absent. Comme hier, comme demain, …
Un frisson de vertige me parcourt l’échine.
Je suis bien loin de penser qu’il me faudra remettre les pieds chez eux d’ici peu. Gare à celui qui trouble la quiétude des lieux…

A suivre…

Clem

J337 à J342 sur la carte

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2 réflexions sur “37. La Pangi Valley

  1. Mais t’y es fou mon frère !!!! C’est bizarre mais j’ai regardé certaine photos en apnée… j’suis toute essoufflée ! Images sublimes, mais franchement la route de la mort c’était pas obligé. Heureusement que tu es enfin sorti de ce trou !
    Bonne route, on t’embrasse fort

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