45. Goodbye India Goodbye

Cette fois-ci, c’est la bonne. Dernière partie de mon voyage en Inde, derniers cols à franchir, derniers paysages à immortaliser et dernières rencontres à vivre…
J’avance un peu plus avant dans la plaine du Brahmapoutre en direction de la chaîne de montagnes qui fait frontière avec la Birmanie, laissant sur ma droite un Megalaya à peine effleuré, et sur ma gauche la jungle mystérieuse de l’Arunachal Pradesh… dans laquelle je n’aurai pas la chance de pénétrer.
Autour de moi, la nature et les hommes qui l’habitent m’offrent des paysages de rizières en cours de récolte, de marais aux lotus roses ou blancs, de mamelons montagneux couverts d’une jungle broussailleuse, des mosquées et des églises, des constructions hindoues pour le prochain festival religieux, et un profond sentiment de ne plus être seulement un observateur étranger à l’affût d’un monde inconnu, mais plutôt un humble figurant dans le grand jeu du mélange des cultures qui se déroule ici.

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La pêche au lotus


C’est drôle de prendre du recul sur les choses démesurées qui m’entourent. Ce voyage à vélo, sa longueur, son intensité, me permettent de prendre à la légère une chose comme «traverser une plaine pour atteindre la montagne d’en face». Alors que cette plaine fait plus de 500 kilomètres, qu’il me faudra 4 jours pour en venir à bout, et que la montagne en question est une chaîne au moins aussi vaste que les Alpes. Elle a ses pays frontaliers comme le Bengladesh, la Birmanie, l’Inde et la Chine qui étalent chacun des régions – au moins quatre rien que pour l’Inde – avec des millions d’habitants, des milliers de villages, des centaines de tribus, des dizaines de langues, plusieurs alphabets complets et tous les mélanges culturels et religieux que l’Inde est capable de produire à partir d’une matière première aussi vieille que la vie de l’Homme en communauté : la tradition.
La densité culturelle est telle qu’il est difficile de trouver deux personnes ayant les mêmes origines. Je veux dire par origine avoir la même langue natale et les mêmes langues secondaires (car ici, pour être compris un minimum dans la vie de tous les jours, il faut pouvoir parler trois ou quatre langues), avoir la même religion, les mêmes traditions et des ancêtres voisins disons… sur deux générations, c’est déjà bien. Ici les gens n’ayant pas de liens familiaux entre eux pouvant dire : «Nous sommes pareils», sont bien rares.
Cela fait des milliers d’années que la région du nord-est de l’Inde est le théâtre de grands mouvements de civilisations. Entre l’Asie centrale et la Mongolie en passant par la Chine, l’Inde et l’Asie du sud-est, cette région est un obscur carrefour de civilisations. Obscur, car les frontières naturelles sont très difficiles à traverser : Himalaya au nord, jungle et montagnes à l’est. Les hommes qui ont réussi à s’y installer ont apporté leur bagage culturel d’origine. Influence birmane, de par les hommes qui sont de l’autre côté de cette chaîne de montagnes et qui n’ont pas attendu la création de l’état indien pour venir s’installer dans la région. Influence de la Chine – ou plutôt du Tibet – avec des hommes de type mongolien aux yeux bridés apportant tout l’art culinaire des hauts-plateaux. Influence indienne par définition géographique, influence musulmane et mongole, puis chrétienne depuis les différentes phases d’une colonisation venue de l’ouest… Chacun oeuvrant avec les siens pour survivre dans l’univers hostile d’une barrière montagneuse sous un climat semi-tropical, voisinant avec une multitude de tribus animistes qui vivent encore de nos jours dans la forêt avec leurs rites chamaniques, usant de drogues, de poisons et de lames tranchantes pour résister aux esprits de la forêt et se faire respecter des tribus adverses.

Ici, la question de l’identité est énorme. Tant de diversité, tant de pluralité, et si peu de conflits… C’est peut-être le plus grand défi qu’a réussi à relever l’état indien. L’unification impossible sous une même bannière des milliers de groupes culturels qui peuplent le pays, sans pour autant détruire la diversité. Alors certes, il y a des conflits, certes il y a des lissages… Comment pourraient-il être tous évités dans une telle fourmilière d’ethnies parfois rivales ? Mais c’est peut-être l’extrême diversité qui empêche le pays d’exploser… Qui sait ?

En tout cas, je n’ai plus le temps d’approfondir la question. Les jours sur mon Visa me sont comptés, je dois passer la frontière un jour bien précis. Quand je pense aux milliers d’opportunités de vivre des expériences uniques dans chacun de ces endroits, j’en attrape le vertige ! Heureusement que j’aime le vide.
Cependant la fortune m’a mis sur cette route à la période où se produit un événement national tout particulier qui pourrait bien venir clore à merveille mon voyage en Inde, le Hornbill festival. Moi qui rêve en pédalant d’une future aventure où je prendrais le temps d’aller rencontrer les différentes tribus du pays, les voilà qui se réunissent toutes à l’occasion d’un énorme festival d’exhibition culturelle. Parfait ! Je mets donc le cap sur la ville de Konima pour assister au spectacle…

Je ne m’attends pas à vivre une expérience unique, dans un petit village perdu de la forêt comme je les aime, à vivre avec les autochtones pendant quelque temps. Non. Mais ce devrait être un bel aperçu folklorique de ce dont ces gens sont capables. Au programme, danses traditionnelles, musique et chants des diverses ethnies. Maisons bâties dans le style de chacune d’elles, et tablées couvertes de mets typiques. L’alcool local devrait y couler à flot, une bière de riz mousseuse et délicate qui se boit sans soif ni raison, le tout dans une atmosphère bon enfant qui ne touche encore qu’un public assez restreint.

Avant de passer «l’encolure du poulet» comme ils disent, c’est-à-dire la fine bande de terre de 25 km de large qui rattache l’Inde du nord-est au gros du pays et qui empêche les Népalais et les Bengalis d’avoir une frontière commune, tout le monde me disait en ouvrant de grands yeux : «L’Inde du nord-est ! Mais tu es fou !»
Les Indiens du sous-continent sont persuadés que cette partie de leur pays est peuplée soit d’indigènes chasseurs de têtes, soit d’indépendantistes armés jusqu’aux dents, prêts à se battre à mort pour une cause anodine.
J’avais dit à Ritu un jour : «Avant de venir ici, tout le monde me disait qu’il fallait l’éviter!
– Et c’est très bien comme ça ! m’avait-il répondu. On est sacrement pénards… Il y a un milliard de touristes potentiels de l’autre côté, faut pas oublier ce détail !»
Donc très peu de touristes indiens viennent visiter cette région… Ce qui laisse plus de bière de riz pour les téméraires au final, chose non négligeable !

Après six mois passés dans le même pays, six mois pendant lesquels je peux compter sur les doigts d’une seule main le nombre de fois où j’ai dû poser ma tente ou dormir à l’hôtel, il ne m’est plus très compliqué de trouver un endroit hospitalier pour passer la nuit. L’habitude et l’expérience aidant, je ne me fais plus guère de souci quand le jour décline, et parviens toujours à trouver un plan qui me plaît pour passer une soirée agréable.

À Konima, ville perchée à la confluence de plusieurs crêtes de montagne, je me retrouve, je ne sais plus trop comment, entre les mains d’une petite bonne femme croqueuse de bétel fermenté, de son adorable petite fille Maria et de son frère Yang, qui feront tout pour me choyer et me faire découvrir leurs coutumes à grands coups de chopines et de cochon grillé.

Yang m’embarque pour une visite du marché de la ville, histoire de jeter un coup d’oeil sur le régime alimentaire local. Il est obligé d’adapter la langue qu’il parle en fonction du village d’où viennent les marchands – jamais qu’à quelques kilomètres de la ville – afin d’identifier les drôles de denrées qu’ils vendent à même le sol. Ici des troupeaux de sangliers, là des bancs de poissons, plus loin des essaims de larves, des nuées d’insectes, des escadrons de grenouilles… et quelques fagots d’oseille ou autres pousses de bambou, histoire d’apporter un peu de verdure à ce carnage.

Des carnivores ! Je suis tombé dans un monde de carnivores ! Au sens large du terme, je veux dire. De la viande trois ou quatre fois par jour, et d’une variété tout à fait hors du commun. Ici, ce n’est pas compliqué, tout ce qui bouge se mange. Toutes les maisons ont des cochons dans leur arrière-cour, parfois dans des endroits un peu étonnants comme une cabane coincée au-dessus des égouts, prise en tenaille entre deux façades arrière au niveau du premier étage. Et si ce ne sont pas des cochons, ce sont des poules, et quand il n’y a pas de place pour les poules, ce sont des chiens, voire des chats… Tout se mange, tout ! Je ne suis pas passé loin du ragoût de vers à soie… de grosses larves bien dodues au délicieux goût de crème noisette, paraît-il. Mais on se fait quand même une fricassée de sauterelles le soir, en apéro avec de la bière de riz. Yang me dit que j’arrive trop tôt, leur chienne n’a pas encore accouché de ses petits. Elle est enfermée dans une cage sur le balcon en attendant l’arrivée de la nouvelle portée. Ils ont hâte car, à chaque naissance, ils font la fête en mangeant la maman. Les petits gourmands !

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Attention, chien méchant !

Ce côté viandard est un héritage direct de la vie en forêt. Ils ont presque tous des parents ou des grands-parents qui y ont vécu, et parfois des frères ou des cousins qui y sont encore. Le lien avec la nature est très fort et il s’avère que ces peuples sont composés de chasseurs invétérés ; alors la tradition se perpétue même à la ville. Si les gens n’élèvent pas d’animaux dans un coin de garage ou sur leur terrasse, ils vont eux-mêmes chasser où pêcher. Je rencontre une connaissance de Yang qui a perdu les deux mains en pêchant à la dynamite… Depuis, rancunier, il se venge consciencieusement à grands coups de dents.

Le Hornbill festival doit son nom à l’oiseau emblématique de la région, symbole de toutes les tribus et dont les plumes viennent orner les coiffes de parade.
Mais si sa beauté subjugue, elle a aussi provoqué sa rareté… Le Hornbill est un animal aujourd’hui en voie de disparition. Sans les quelques plumes encore piquées dans les cheveux des plus vieux guerriers présents, l’oiseau deviendrait presque légendaire.

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Peinture du fameux Hornbill

Ce n’est cependant pas le seul animal à être victime de son succès… Un matin, alors que je n’étais pas trop réveillé et que je cherchais les toilettes de mon hôte du jour, je me suis retrouvé nez à nez avec un gigantesque crâne digne d’un monstre préhistorique. Énorme ! Démesuré ! Avec deux cornes larges comme mes cuisses à la base, et se terminant en pointe conique à près de deux mètres de distance l’une de l’autre… Il me fallait être bras complètement écartés pour les toucher les deux en même temps. Il faut avoir de l’envergure pour faite du tourisme expérimental, ici ! J’ai cogité un sacré moment avant de réaliser quelle bête pouvait être si grosse, sans que ce soit un dinosaure ou un mammouth de l’arrière-caverne.
Un bison, pardi ! C’est vrai, l’ami de Ritu en avait parlé : «L’homme le plus riche de mon village est celui qui possède le plus de bisons». Et bien, je vous assure que ça fait passer l’envie de pisser, même mort.

Par ailleurs, le festival en lui-même s’avère être plus qu’à la hauteur de mes attentes. Des gens d’une sympathie infinie, un folklore assuré, assez de variété dans la nourriture traditionnelle pour écrire un livre de recettes entier rien que sur leurs façons de cuisiner, et beaucoup beaucoup de bière de riz… Pour la nuit, je m’éclipse une fois de plus du réseau touristique, et m’arrange  pour aller dormir dans la tente d’une équipe de bénévoles. C’est bon de voir que ces choses-là sont possibles. De l’hospitalité là où l’on ne devrait pas en trouver… ils sont vraiment très forts !

Ce festival est aussi l’occasion de rencontrer quelques Occidentaux. Je ne vais pas dire que ça me manquait, mais après des semaines d’immersion dans le méli-mélo socio-culturel indien, ça fait toujours quelque chose de voir des visages aux traits familiers en dehors de ceux de l’homme à la couronne d’épines. D’autant plus que les visiteurs du Hornbill ne sont pas là par hasard. Ils ont dû faire preuve d’une certaine démarche personnelle pour se retrouver ici (exception faite d’un bus de retraités allemands, gens qui ont toujours l’air de ne pas savoir ce qu’ils font là). Il y a un photographe du National Geographic, des Italiens passionnés d’ethnologie, et puis… toute une tripotée de voyageurs en route pour la Birmanie. Des personnes fort intéressantes !

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 Hornbill festival

La frontière avec la Birmanie s’étant ouverte au cours de l’année précédente, de plus en plus de baroudeurs sont tentés par l’aventure de traverser ce «chaînon manquant», pays auparavant défendu qui obligeait tous les voyageurs souhaitant traverser l’Eurasie par le sud de l’Himalaya à prendre un avion pour l’éviter. Mais depuis que le pays a ouvert ses portes, on compte en moyenne un cycliste longue-distance et sûrement autant de motard(s) à passer la frontière chaque jour. L’arrière-pays est, paraît-il, encore vierge de toute empreinte touristique, et les Birmans y cultivent des traditions ancestrales sans les engrais chimiques de la culture moderne… promesse d’une expérience des plus enrichissantes.
Nous avons cependant tous une date fixe de passage. L’un doit passer le lundi, l’autre le mercredi. Mais celui-ci a rencontré un type qui doit passer le mardi… à moins que ce ne soit le lundi aussi… Ah ?
C’est rigolo de se retrouver ici, inconnus et un peu frères à la fois. Les groupes se font et se défont, je roulerai finalement quelques jours avec Arne, un cyclo belge qui veut rallier Bruxelles à Singapour dans l’année. Mais c’est seul que je passerai finalement la frontière, mes camarades de Visa du jour étant tous motards.

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Copains de baroud à la frontière

En attendant, lors des derniers jours de vélo avant la frontière, nous nous enfonçons petit à petit dans une zone montagneuse qui était encore récemment contrôlée par des groupes rebelles du Manipur. Il y a deux ou trois ans, les parties reculées de la région du Manipur nous auraient été interdites d’accès et, de toute façon, le passage du pont-frontière nous aurait été interdit. Ces collines étaient le théâtre d’un conflit interne entre des groupes armés venus de la jungle pour défendre l’indépendance de la région et le gouvernement indien déterminé à éradiquer cette source de violence physique, quitte à la transformer en oppression morale.

Quelques mois plus tôt, mon ami Bertrand avait été surpris du nombre de convois militaires effectuant des patrouilles sur ces petites routes. Chapelets de pickup armés d’essuie-glace empoisonnés, arpentant la région avec des mitrailleuses automatiques sur le toit, le klaxon enfoncé pour faire dégager le passage.
Aujourd’hui, il semble que les choses se soient calmées, je n’aurai pas droit à ces démonstrations de force musclées. Par contre, les checkpoints sont toujours en place, et il faut montrer patte blanche tous les cinq ou dix kilomètres. Mon passeport se couvre donc de petits bouts de signatures et d’abréviations aussi inutiles qu’illisibles justifiant que tel gradé m’a bien ouvert la barrière de tel checkpost… comble du bullshit administratif à l’indienne, procurant audit gradé une énorme satisfaction du côté de son ego : avoir écrit un truc sur le passeport d’un Occidental.

Cette zone frontalière est de surcroît bien différente du reste du pays. Terminée la campagne surpeuplée, finie l’exploitation systématique et permanente du moindre carré d’herbe, disparues les montagnes de déchets… Cet endroit est vide ! Jungle, collines, montagnes sont à peine parsemées de quelques églises et des poignées de maisons qui les entourent. Jésus semble être ici la solution à tous les problèmes, et des messages bibliques ornent la route de proses pacifiques.

Un soir, alors que je suis hébergé dans la maison d’une petite famille catholique, l’homme m’explique que les habitants d’ici sont restés très sauvages et que certains vivent reculés, loin dans la forêt. Ils utilisent un vieil alphabet étrange et peu commun, unique en Inde. Il essaie d’écrire mon nom dans cette langue, mais ça n’est pas simple car il ne semble pas vraiment maîtriser le style d’écriture. De ce que j’en vois, ça ressemblerait un peu à du cunéiforme, un assemblage de bâtonnets et de points formant des syllabes.
Je sors alors un billet de 100 roupies indiennes, sur lequel je crois savoir que les mots «cent roupies»sont écrits dans tous les alphabets du pays, soit 15 en tout. Mais l’homme se met à rigoler en disant que cet alphabet-là n’est sûrement pas utilisé sur les billets du gouvernement : il est bien trop peu usité ! Seuls les principaux alphabets sont inscrits sur les billets… Pas de place pour un tout petit comme ça. Ha ! Ha !

Ma chère India, combien de surprises et de merveilles caches-tu encore dans les arcanes de ton gigantisme culturel ? Que de diversité ! Que de richesse ! Chaque jour, tu m’auras étonné. Chaque jour, je t’aurai détesté et chaque jour, je t’aurai adoré…
Quel pays peut imposer autant d’intensité à ses voyageurs ? Avant de poser les roues sur le sous-continent, j’avais entendu : «L’Inde, soit tu l’aimes, soit tu la hais »». Eh bien, après six mois de vagabondage sur son sol, je me permets d’adapter un peu cette remarque :
L’Inde, où que tu sois, au même endroit et au même instant, tu l’aimes et tu la détestes absolument !

Je concluerai sur les mots d’un célèbre écrivain français, auteur, entre autres, d’un livre intitulé  Les Misérables :

«Un lieu plein de lumière, un lieu plein de poussière. Deux choses qui composent la gloire.» VH

Clem

J441 à J449 sur la carte

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2 réflexions sur “45. Goodbye India Goodbye

  1. Superbes images que celle du guerrier et de l’homme dans l’ encadrure de la porte ! Je suis mega fane ! Sinon et bien comme d’hab on attend la suite avec impatience…. gros bisous

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