57. Retour à la vie.

Coober Pedy fait partie des curiosités de l’Outback australien. Vous en avez peut-être déjà entendu parler dans des documentaires, car elle a plutôt bonne presse depuis quelques années. Pour faire simple – en attendant d’aller y passer vos prochaines vacances – c’est un de ces endroits extraordinairement inhospitaliers que sait offrir l’Australie et qui attire beaucoup de monde. Désert plat et aride à la Mad Max sans arbre ni eau, température qui passe allègrement la barre des 50 degrés en été et isolement digne d’une étape intergalactique sur astéroïde non-identifié . Signer à Coober Pedy, c’est un peu s’engager à vivre comme un pionnier de BD futuriste…
La town tient sa notoriété des gisements d’opale de son sous-sol, exploités par des mineurs privés. Il suffit de louer une petite concession et de se pointer avec un bon stock de pioches et de motivation pour y creuser au petit bonheur la chance. Comme aucune grosse compagnie minière n’a jamais été intéressée par le secteur, l’ambiance est restée très bon enfant, genre chercheur d’or solitaire du Nouveau Monde. Mais en plus, cerise sur le gâteau, les mineurs ont avec le temps transformé leurs tunnels en appartements troglodytes afin d’échapper aux températures intenables qui peuvent régner à l’extérieur. A visiter, c’est donc curieux et agréable .

Un musée de Coober Pedy dans une ancienne galerie avec Alice, la solo-cycliste

Matthew et moi rencontrons d’ailleurs, lors d’une de ces balades souterraines, une autre cycliste au long cours qui vient tout juste d’arriver d’Adélaïde. La courageuse vient de se faire 1000 kilomètres d’autoroute à road-trains écraseurs pour arriver ici, et elle en a encore 2500 à faire jusqu’à Darwin… Exactement ce que nous voulons à tout prix éviter en retournant sur notre Oodnadatta track pleine de boue. On lui en parle, évidemment. On lui raconte à quel point c’était galère et mémorable, boueux et merveilleux… Entre cyclistes, on se comprend. On lui montre des photos aussi, la gadoue, les fesses de Matthew… Elle tombe sous le charme instantanément.
Le lendemain, elle quittera la route principale pour la piste dont nous sortons tout juste. J’aime bien cette fille ! Dommage qu’elle pédale dans le mauvais sens…

Pour notre part, nous allons glaner du côté de l’office du tourisme des informations concernant les 160 km de piste pour William Creek. La météo n’est plus à la pluie, mais la route en question est toujours officiellement fermée. La nana de l’accueil semble n’y avoir jamais mis les pieds, mais elle estime que si on a réussi à arriver jusque-là, on devrait être capable de s’en sortir ! Bonne mentalité, décidément. On prendra donc pour argent comptant ses bonnes paroles pour passer outre les panneaux d’interdiction, et on oubliera ses mises en garde concernant la renommée particulièrement mauvaise de cette piste, même en temps normal.

Cela fait maintenant cinq jours qu’il n’a pas plu. Père soleil a bien bossé et entamé un travail de séchage des plus remarquables. À présent, quand on pousse les vélos, nos pieds ne s’enfoncent presque plus, et restent secs. Quant aux roues, elles laissent une empreinte de 3 à 4 cm derrière nous, sans que ça colle trop aux pneus. Donc ce n’est pas facile, mais faisable. Il y a toujours des piscines de boue tous les 500 mètres qui nous obligent à patauger un peu, mais on commence à avoir l’habitude – et surtout une certaine résignation face à la chose. C’est quand même beaucoup dans la tête que tout se joue. Tant que l’on ne craque pas et que l’on continue à avancer 10 ou 12 heures par jour, ça le fait. Mais si l’on commençait à douter, à craindre d’avoir à faire demi-tour face à un lac important, ou pire, à se faire surprendre encore une fois par la pluie… Qui sait ce qui pourrait arriver ?
La nouvelle difficulté que nous rencontrons, c’est une quantité d’ornières incroyable. On réalise pourquoi ces pistes sont systématiquement fermées à la circulation après un épisode de pluie, et surtout pourquoi l’amende dépend du nombre de roues qui touchent le sol (1000 $/pneu). Si les gros 4×4 pris au piège par un orage ne s’arrêtent pas sur place pour camper deux jours et deux nuits, ils laissent derrière eux des ornières si profondes qu’une fois sèches, elles transformeront la piste en véritable champ de bataille. On trouve d’ailleurs plusieurs remorques abandonnées par leur propriétaire avant l’enlisement complet, ainsi que deux motos… Mais quid des motards ? Des traces moins marquées donc plus récentes nous laissent à croire qu’un véhicule de secours a fait l’aller-retour depuis Coober Pedy pour venir les chercher.
Quand toutes ces ornières sèchent, l’argile devient à nouveau dure comme de la brique crue, ce qui rend la piste tout à fait impraticable… Il faut donc payer des niveleuses qui viendront remettre tout cela d’aplomb, mais avec les milliers de kilomètres de piste comme celle-ci… vous imaginez un peu le budget ? Encore heureux qu’il ne pleut pas tous les 36 du mois…

Nous, dans tout cela, eh bien ! on pousse, on contourne les ornières (qui sont parfois gorgées d’eau sur 50 cm), on tombe dedans inévitablement… et on se met à deux pour en retirer nos vélos qui, je le rappelle, font environ 90 kilos. C’est sportif. Les règles du jeu sont simple : il faut malgré tout rester sur la piste. Toute tentative d’évasion en dehors de la route ne mènent qu’à l’enlisement (on se prend quelques beaux cartons jaunes avant de le réaliser). Il faut en permanence analyser la configuration du terrain, faire des choix, anticiper, tenter le moins pire et sauvegarder au maximum son énergie. J’adore ce genre de challenge . Il faut improviser à chaque nouvel obstacle, essayer d’être malin, aller à l’économie, tout en restant le plus positif possible. C’est très stimulant. On teste aussi, dans ces moments, la solidité des liens qui lient un binôme, tout est décuplé. C’est vraiment intéressant.
Pour le coup, je crois que c’est Matthew qui montre des signes de faiblesse le premier. Au plus chaud de l’après-midi, alors que nous sommes dans le vif du sujet depuis 6 h du matin, il est sur le point de craquer. C’est trop dur, c’est trop long, c’est trop stressant… Nous n’avons plus le même rythme, il commence à se faire distancer… Bref, il est grand temps d’envisager une bonne pause cacahuètes et raisins secs.
Mais cette fois-ci le mal est plus profond, la panne plus grave, Matthew commence à songer au demi-tour. Chose que je comprends tout à fait – mais je traverse à ce moment-là une telle période d’euphorie que je ne peux m’y résigner. C’est alors que je lui lance : «Tu n’as qu’à te mettre à poil ! Ça te détendra sûrement… »
Ah ! Vous auriez vu l’effet de cette phrase sur mon camarade de jeu… Pas sûr que ça marche avec d’autres, mais en ce qui concerne Matthew, je ne pouvais pas viser mieux ! Le temps d’enlever ses nippes et de se remettre en selle, il me double comme un diable en chantant à tue-tête.
Essayez, pour voir, la prochaine fois qu’un de vos copains aura un coup de mou. Qui sait ? Une formule magique en langage aborigène appelait sûrement à se mettre nu dans le bush, la preuve : ils allaient tous à poil !
C’est donc cul-nu dans le désert – une fois n’est pas coutume – que Matt repart à l’assaut de l’Outback. Et j’avoue qu’au vu des performances du garçon, je me sens obligé d’essayer… C’est vrai que c’est dingue comme quelques fringues en moins peuvent rendre la situation intéressante. Les circonstances sont particulières, nous sommes tous d’accord. Nous sommes invisibles sur ce coin de terre… Essayez, à l’occase. Vous m’en direz des nouvelles ! A défaut de désert, il y a peut-être du brouillard parfois autour de chez vous…

Après deux belles journées d’une douzaine d’heures chacune, nous arrivons à William Creek. Petite roadhouse vraiment reculée qui garde en ce moment une quinzaine de véhicules bloqués là depuis les dernières averses. Tout comme nous à Oodnadatta, ils sont restés coincés. Sauf qu’ici la piste n’a jamais rouvert. Les toutes premières personnes qu’ils voient sont donc deux cyclistes à poil qui viennent de traverser ce qui leur est interdit depuis une semaine. La civilisation a-t-elle disparu avec la pluie, emportant mœurs et caleçons dans sa chute ? La blague ! Si ça ne mérite pas une petite bière ça ? Ha ha ! Laissez-nous retrouver un semblant de dignité et on arrive. Mais ces espèces de vieux boucs de l’Outback que sont les propriétaires, réussiront la prouesse de ruiner l’honneur de leur patrie avant même que les bouteilles ne soient décapsulées. Alors que nous consommons au bar, alors qu’on met de l’ambiance avec nos histoires, ces trous de balle me refusent un simple verre d’eau de pluie. Le prochain arrêt est dans 200 km, on vient de pédaler deux jours dans la merde, on paie une fortune une pauvre bière tiède et… leurs cuves de récupération débordent de flotte ! Du jamais vu depuis une génération ! J’ai juste besoin de quelques litres pour tenir les deux prochains jours, rien de plus. Pas 150 comme tous les clients de la boutique à chacune de leur douche ! Mais sous prétexte que je préfère poser ma tente dans la boue du désert plutôt que dans celle de leur basse-cour de camping, on m’explique qu’ici les temps sont durs, que l’eau est une ressource rare… et je ne sais quelles conneries. Ma dernière bouteille est aux trois-quarts vide, je n’insiste pas. Il y a rien à attendre de gens comme ça.

Restons positif, c’est l’occasion de voir comment s’en sortaient les aborigènes quand ils étaient obligés de boire l’eau salée du bassin artésien. J’en prélève au robinet qui coule devant la roadhouse, vais camper à une minute de là et économise les 25 $ que ces rednecks ponctionnent d’habitude aux cyclistes assoiffés.
Verdict : sans ajouter la moindre pincée de sel, l’eau artésienne suffit tout juste à rendre du riz comestible. C’est pas bon, on sent qu’il y a plein d’autres trucs chargés dedans… Mais si c’est pour faire la nique à William Creek, c’est largement supportable.
Je finis mon vieux fond de bouteille pour pousser toute cette potasse, et dors comme un bébé bien rassasié. Matthew, lui, s’est offert la nuit au camping.
Le lendemain, je vais rôder vers les nombreux véhicules en stand-by dans le coin, ceux qui rongent leurs freins en attendant que ça rouvre et reçois – évidemment – toute l’eau désirée de la part des personnes que je rencontre. Qui refuserait un verre à qui que ce soit dans cette situation ? Quand on sait que les Grey Nomads transportent généralement 200 litres d’eau potable et que les cuves de William Creek en contiennent chacune 20 000, les gens sont choqués.
Allez ! on est quand même super bien en Australie, c’est juste l’exception qui confirme la règle… Ha ha !

Les rives du grand lac de sel

Les deux journées de vélo qui suivent se passent très bien. On avance sur une piste de plus en plus ferme, c’est beau et verdoyant de toute part et des oiseaux de zones humides viennent même nous rendre visite. C’est quand même un comble pour la région la plus sèche du continent le plus sec du monde. Par contre, ce calme ne dure pas… Eh oui ! je vous avais prévenus que des épisodes de pluie, nous en aurions trois. Et bien voilà, tout va recommencer. Que c’est ennuyant, l’Outback ! Déjà qu’il n’y a pas grand chose à y faire mais si, dès qu’un truc fait son petit effet, ils nous le ressortent à toutes les sauces… De la pluie, de la pluie, ça va, oui ! On a bien compris que nous étions chanceux. Vous pouvez arrêter, maintenant. Un peu de sobriété, s’il vous plaît.

Mais sur cette piste où parfois on s’enlise, la sobriété n’est pas de mise. C’est au moment où nous passons devant le lieu le plus cocasse de l’Outback que cette troisième rincée nous tombe dessus. Il y a, au milieu de nulle part et sans aucune raison apparente, une maison abandonnée. Et à côté de cette maison, une sorte de lieu d’expression artistique pour créateurs imaginatifs, costaux et déjantés. Deux avions dressés sur leur queue forment une porte spatio-temporelle ornée de tout un tas de motifs bizarres, et des structures géantes émettent des sons musicaux au gré des vents. Une série d’œuvres semble annoncer des cataclysmes nucléaires pour s’opposer à la présence d’une mine d’uranium voisine, et une ancienne cuve d’eau du temps de la ligne de train est transformée en chien géant (une voiture entière suspendue à son sommet formant la tête). Évidemment, on y court ! En plus ça tombe bien, on peut squatter un vieux bus futuriste au goût d’Into the Wild qui est posé sur des reliques de rails. Je rêve.

Quand on réalise que la pluie s’installe pour de bon et que l’on va devoir une fois de plus passer deux jours à poireauter, on se réfugie dans la vieille maison. Elle n’est pas si mal d’ailleurs, un peu fracassée, mais probablement encore visitée de temps à autre. Il y a une jolie petite salle à manger avec des images de lady Diana, une suite de chambres vides un peu flippantes dont la dernière, équipée d’un lit vintage, est défendue par un gros signe Keep Out sur la porte. La tapisserie d’époque ajoute beaucoup au charme de la bicoque. Mais ce qui est le plus étrange, c’est que tout un tas de petites choses possèdent des instructions écrites sur la façon de les utiliser si on occupe la maison. Où trouver les bouteilles de gaz pour la cuisinière ? par exemple (bouteilles qui sont par ailleurs pleines… ), ou comment utiliser le lave-linge à pédales bricolé sous le gros chien à partir d’un vieux cadre de vélo relié à une transmission d’auto… Ah oui, on est bien tombés ! C’est collector, je vous avais prévenus. Cherry on the cake : une baignoire open-air arrosée en continu par l’eau à 40 degrés du bassin artésien. On va se mettre bien !

Le deuxième soir, après avoir pas mal rouillé toute la journée dans les environs, on finit par trouver des traces de pieds nus autour de la maison. Elles sont bien profondes et doivent dater de la précédente rincée, il y a une semaine. Etait-ce un vendredi ? Cependant nous sommes sûrs qu’il n’y a personne, et qu’aucun véhicule n’est passé ici depuis des jours. C’est le calme plat de l’infini.
Pourtant cette nuit-là, on assiste à des phénomènes étranges. Alors que l’on finit notre repas, tranquilles, je me fais happer par ma casserole. Le plongeon est violent, je passe bien une demi-heure en apnée à l’intérieur, fasciné par les détails microscopiques qui y sont cachés. Le plus drôle, c’est que Matt se fait avoir aussi. Nos popotes nous jouent des tours, ça doit venir des frontales… Quelle idée de faire la vaisselle avec ça, aussi ! Le rayon hypnotique qui suit notre tête et qui devient nos yeux, inéluctablement pointé dans la direction de nos pensées, nous reconditionne sur chaque nouvelle chose qui tombe sous ce joug lumineux. C’est pas simple. Mais les choses se compliquent encore, le vent se lève, une tempête arrive. Une tempête… ou une mobylette ? Les deux peut-être, comment savoir… ? L’homme aux pieds nus est là, dehors, qui pétarade dans le noir. Il fait des tours à moto, c’est sûr, mais j’avoue avoir un peu peur de le rencontrer. Je ne veux pas le montrer. Enfin… Quelle importance ? puisque Matthew a tout aussi peur que moi, et veut tout autant le cacher, ha ha ! Mais tant pis pour le motard ! de toute façon, il est trop tard. C’est l’heure de se coucher… De se noyer. Soudain, des cris m’appellent… Matt s’est perdu dans sa tente, car évidemment les sardines ne tiennent pas au sol de la cuisine. S’il n’y avait pas tous ces moustiques, aussi ! Mon fichu rayon lumineux sur le crâne me fait faire trois fois le tour de toutes les pièces de la baraque avant de me révéler où se cache mon collègue. Sa tente est ébranlée par un raz-de-marée, il va finir par s’y engloutir si je ne le sors pas de là… Ouf ! Il était temps. Et l’autre qui rigole… Mais quand même, on ne fait pas les fiers, alors on se couche côte à côte en se pinçant le bras. Histoire que l’autre ne disparaisse pas. Ou qu’il soit informé que le premier s’est fait manger ! Foutue maison… quand est-ce que tu iras te coucher ? Seul le retour du soleil peut nous sauver…

Quelques heures d’une nuit sans rêve plus tard…
Pendant le petit déjeuner, la tête basse et la tronche enfarinée, on se fait une promesse, Matthew et moi. Plus jamais on ne mettra de marijuana dans notre chocolat pour passer le temps quand on s’emmerde à côté d’une maison hantée. Plus jamais.
On a quand même une petite pensée de gratitude pour ce backpackeur polonais en fin de trip, qui nous avait laissé la fin de son pochon de weed avant de prendre l’avion. Avec des débutants comme nous, l’essai était risqué… C’est un voyage qu’on ne risque pas d’oublier, merci l’ami !

Le reste de notre voyage jusqu’à Adélaïde se passe dans des conditions idylliques. Huit cents kilomètres d’un lent retour à la civilisation, dans des paysages devenant de plus en plus verdoyants… C’est un vrai régal. Les animaux sauvages sont encore plus nombreux, les premières towns font leur apparition, avec même quelques shops pour s’offrir de plantureuses collations. Quelques jours après l’épisode de la maison hantée, nous campons à Farina, village en ruine habité par un unique couple de fermiers et où l’arrière-grand-mère de Matt est née. À l’époque, les colons venaient de découvrir cette région. Ils ignoraient que la décennie avait été exceptionnellement riche en pluie. Les nouveaux arrivants, n’ayant pour référence que les climats stables et saisonniers de l’Europe où chaque année ressemble sensiblement à la précédente, ne pouvaient pas se douter que sur le long terme, il est impossible de rien cultiver aussi haut dans le désert. Ils pensaient y faire pousser beaucoup de blé, d’où le nom de Farina. La population est quand même montée à près d’un demi-millier d’habitants et a eu droit à une ligne de chemin de fer. Mais la colonie a rapidement périclité et les moutons du dernier fermier sont seuls à habiter les ruines.
L’éleveur peine à nous dire combien de bêtes il possède… Mais il estime à un millier le nombre de moutons perdus à cause des dingos l’année précédente. Ces chiens sauvages sont protégés dans certaines parties de l’Australie (dans l’Outback principalement) mais chassés dans le reste du pays. Ils attaquent en meute les troupeaux isolés. Ce sont des bêtes très intelligentes. Nous en voyons parfois au loin, ils nous guettent, seuls dans l’immensité.
Le gouvernement a donc fait construire une barrière anti-dingos de 3500 kilomètres de long. C’est la plus longue clôture du monde. Nous l’avions passée quelques jours plus tôt. Mais il suffit que quelques chiens arrivent à passer et se reproduisent de l’autre côté pour que les ravages continuent. Ils peuvent vivre des années avant de croiser un humain. Détail un peu fou, typiquement australien, il y a des chasseurs de dingos professionnels qui se font payer au nombre de scalps. Le genre de gars mi-trappeur, mi-légende dont on entend vaguement parler, mais que personne ne rencontre jamais… C’est un peu tout ça, l’Outback.
J’espère que nos petites histoires vous ont donné envie de l’explorer. De mon côté, ça reste l’un des moments les plus forts de mon périple. Et pour Matthew, le plus beau final dont il pouvait rêver.

Les deux dernières semaines, nous descendons plein sud en direction d’Adélaïde en suivant le Mawson Trail, une espèce de GR pour vélo qui sillonne la chaîne de montagnes des Flinders Range, puis passe à travers les premières plaines cultivées et quelques beaux vignobles… On se régale. Derniers bivouacs en pleine nature au milieu des kangourous et des émeus sauvages, dernières journées ensemble après huit mois de voyage partagé… Plus qu’un pote, c’est avec un frère d’armes que je pédale maintenant. Je t’en remercie sincèrement Matthew, mon ami !

Clem

Flinders Range, St Mary Peak

De plus en plus de couleurs et d’animaux, mais toujours pas d’hommes aux environs…

Mawson Trail, une balade de 400 km jusqu’à la civilisation

Sur le Mawson Trail, en route pour Adélaïde !

On se rapproche… voici les premières fermes

Toujours plus de couleurs et de calme

Les premiers champs, nous ne sommes plus très loin.

En bonus pour ceux qui sont arrivés jusque là, quelques petits animaux croisés sur le chemin dans ce vaste pays :

Une réflexion sur “57. Retour à la vie.

  1. Salut Clem,
    C’est toujours avec autant de plaisir que je suis ton périple. Tes photos d’animaux sont un régal. Mais je persiste à dire que tu es un peu fou. Quel mental pour traverser ce désert. Tu m’épates. Allez à bientôt pour la suite, j’attends!!!!! Nana.

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