52. Folies malaises

Il y a quelques jours, juste avant de quitter la Thaïlande, j’ai appris sur un coup de chance qu’un cycliste que j’avais rencontré en Europe roulait tout près de moi. Je l’ai immédiatement contacté, et l’on a décidé de se retrouver en Malaisie, vers Kuala Lumpur. Sacrée coïncidence… Nous nous étions vus à Dubrovnik, un an et demi plus tôt, à 23 000 kilomètres d’ici ! Il n’aurait pas fallu louper ça. D’autant plus que mes journées devenaient de plus en plus routinières et qu’il était temps de remettre un peu de peps dans le quotidien ! Rien de tel qu’un nouveau compagnon de route pour revisiter tous les pays que l’on a faits chacun de son côté, et rêver à ceux que l’on n’a pas encore traversés.

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51. Thaï paradise

Phuket, janvier 2016.
Atterrissage tranquille après une dernière grasse mat’. Je me réveille doucement dans un grand lit blanc. L’odeur d’un thé au jasmin vient stimuler mon sens de l’odorat. Lada, la petite Thaï, est déjà au fourneau. Quel somme ! Mes autres sens errent encore dans toutes les directions dans cette grande chambre, perdue dans une immense villa, quelque part sur l’île de Phuket… Cela fait combien de temps que je dors ? Une semaine ? Dix jours ? Je ne sais plus… Les journées se bousculent dans ma tête, je me souviens mal. Même avec l’aide de mon carnet, je confonds les jours… Il y avait la Birmanie, les policiers, le jeu du chat et de la souris avec les sbires de l’immigration, … Là, j’étais présent à 100%. Mais maintenant… Depuis combien de temps est-ce que je suis ici ?

Les plages de Krabi

Les plages de Krabi


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50. Bob Morane contre tout chacal

Tout n’est qu’une histoire d’adaptation. Traverser la jungle birmane me paraissait tout simplement impossible quand j’ai commencé ce voyage, et j’aurais regardé avec de grands yeux pleins de respect les cyclistes téméraires qui l’auraient fait. Cela m’aurait encore semblé très osé de l’envisager il y a six mois, en arrivant en Inde. Mais en entrant en Birmanie, j’ai cependant planifié le projet, sans trop savoir où je mettais les roues. Pensant que ce serait sûrement difficile, mais réalisable. J’en ai chié au moment de commencer l’aventure elle-même, et avec le temps, l’adaptation, la présence après quelques jours passés dans le vif du sujet… je trouve que relever ce défi était presque normal.
Après tout, pourquoi tout le monde ne pédale-t-il pas dix heures par jour sous le soleil écrasant du Myanmar ? Qui n’est pas si écrasant que cela, en fait. Dans l’humidité constante des tropiques ? Qui ne peut pas empirer, c’est déjà ça. Sur une piste défoncée qui joue aux montagnes russes ? Mais qui avance cependant, qui avance… Rien de plus normal, n’est-ce pas ?
Après quelques jours de galère et d’effort physique constant, je me sens déjà adapté à ce nouvel environnement et je trouverais presque normal d’aller y passer des vacances.

J’engloutis donc mes kilomètres de piste à bon rythme, tout va pour le mieux, j’ai le moral au beau fixe ! Bien qu’il n’y ait presque plus d’habitations, je trouve toujours de quoi remplir mes bouteilles en eau à droite ou à gauche, et à me mettre quelque chose de local sous la dent. Pas de stress à ce niveau-là, tout va bien, je continue plus confiant que jamais !

C’est une autre épreuve qui m’attend maintenant. Une épreuve que je redoutais et que la chance m’avait permis d’esquiver jusqu’à présent, mais qui va me tomber dessus sans que je comprenne rien à ce qui m’arrive…

Un pont de bois

Un pont de bois

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49. Les aventures de Tin & Tin en Birmanie

Avez-vous déjà entendu parler des différents types de fun ?
Il y a le fun de type I. C’est le genre de trucs fun que l’on apprécie au moment même où on le réalise. Le fun instantané si vous voulez. Un fun super cool.
Puis il y a le fun de type II, très intéressant également. C’est un fun trop dur ou trop éprouvant pour être apprécié au moment où on le fait – pour faire simple on en chie grave. Mais après coup, on se dit : Aah ! Bon sang ! Qu’est-ce que c’était fun !
Le fun de type II est récurrent chez le cycliste en balade autour du monde. Et chez le sportif en général, je crois… Mais il aime vraiment ça.
Les grosses galères, les pannes mécaniques, les heures de pluie glacée, les journées de traversée de désert par plus de cinquante degrés, le harcèlement constant d’un milliard et demi d’Indiens … Tout cela sonne un peu dur sur le moment mais c’est tellement fun de se le remémorer une fois achevé, que cela devient indéniablement un ingrédient essentiel de l’aventure.

A travers la jungle

A travers la jungle

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48. Mi-dieu mi-être

Le soleil levant n’éclaire que la cime dorée de la pagode quand j’atteins son sommet. La vue est spectaculaire. Le village, toujours dans l’ombre, est recouvert d’un filet léger de brume matinale, tandis que les champs alentour commencent à scintiller de rosée. Je n’avais pas pris conscience de l’aspect du village quand j’y étais entré la veille aux dernières lumières du jour. Pressé par le temps, j’avais traversé l’ensemble des habitations d’une traite afin de parvenir au monastère avant la tombée de la nuit.

Vue depuis le sommet d'un temple

Vue depuis le sommet d’un temple

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47. Le temple de la Liberté

Il faut avoir traversé la plaine birmane, s’être perdu dans ses forêts de tek, avoir gravi ses collines et être parti à la rencontre de ses villageois pour apprécier à sa juste valeur ce qu’est la vieille ville de Bagan. Il faut avoir vu qu’il n’y a rien nulle part, il faut avoir senti l’absence de développement, la ruralité du territoire et la modestie de ses habitants pour pouvoir prendre la mesure d’une telle cité oubliée. Bagan, la ville aux mille temples. Bagan, l’ancienne capitale de l’âge d’or du bouddhisme, qui révèle aux simples voyageurs que nous sommes qu’il y a eu une civilisation ici. Il y a peu de temps finalement, les rois se sont succédés sur ces terres que seuls quelques vestiges encore debout permettent de ne pas oublier.
Bâtie sur les rives de la rivière Ayeyarwady, la cité des rois fut la capitale d’un empire florissant et puissant d’où rayonnaient dans toute l’Asie du Sud-Est les enseignements du Bouddha. De cette ville, construite en bois et en sable, il ne reste rien. Rien, hormis les temples de brique dressés au fur et à mesure à chaque angle des différents quartiers de la ville. Et ces temples, il n’en reste pas moins de plusieurs milliers.

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46. Myanmar ou Birmanie ?

Préambule à la cause Birmane.
La Birmanie est un pays qui, il y a quelques mois encore, m’était complètement inconnu. Il peut être bon de s’aventurer dans une contrée sans rien en connaître à l’avance, découvrir petit à petit ses coutumes, ses gens, leurs traditions… et tout ce qui fait d’un lieu un endroit à part, différent de son chez-soi. En Europe, je ne m’étais jamais lancé dans des recherches approfondies sur la place de la saucisse dans la société allemande, ou sur l’utilisation du langage des signes par les Italiens. Ce sont des choses, quoique d’un intérêt essentiel, qui ne nécessitent pas forcément une connaissance préalable complète, et qui peuvent en fin de compte s’avérer excitantes quand on les découvre par soi-même.
Mais il est impossible d’entrer en Birmanie sans rien en connaître ! Le fait même de vouloir y pénétrer déclenche tout un processus de recherche de documentation et d’infos, une avalanche d’intox, de bons et de mauvais conseils… au point que, lorsque l’on passe la frontière, on véhicule tout un bagage d’idées et de préjugés qui vont complètement influencer l’expérience à venir. La nature des informations glanées était, en ce qui me concerne, une succession d’anecdotes, de récits, d’expériences vécues par l’ami d’une connaissance de l’homme qui a vu les moustaches du tigre, … plus la splendide entrée en matière offerte par l’administration birmane lors de la demande de Visa.
Le pays n’a ouvert ses frontières terrestres que très récemment. La vie politique y est en pleine mutation, la démocratie fait deux pas en avant quand la junte militaire ne fait qu’un pas en arrière. La traversée de la Birmanie il y a un an, six mois ou bien aujourd’hui, montre une expérience différente à chaque fois… ce qui rend les informations pêchées bien aléatoires…
Pour vous dépeindre un peu mon état d’esprit et ce qui va influencer mes décisions à venir, je dois donc vous faire part de la mystique qui entoure une entrée en Birmanie.

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45. Goodbye India Goodbye

Cette fois-ci, c’est la bonne. Dernière partie de mon voyage en Inde, derniers cols à franchir, derniers paysages à immortaliser et dernières rencontres à vivre…
J’avance un peu plus avant dans la plaine du Brahmapoutre en direction de la chaîne de montagnes qui fait frontière avec la Birmanie, laissant sur ma droite un Megalaya à peine effleuré, et sur ma gauche la jungle mystérieuse de l’Arunachal Pradesh… dans laquelle je n’aurai pas la chance de pénétrer.
Autour de moi, la nature et les hommes qui l’habitent m’offrent des paysages de rizières en cours de récolte, de marais aux lotus roses ou blancs, de mamelons montagneux couverts d’une jungle broussailleuse, des mosquées et des églises, des constructions hindoues pour le prochain festival religieux, et un profond sentiment de ne plus être seulement un observateur étranger à l’affût d’un monde inconnu, mais plutôt un humble figurant dans le grand jeu du mélange des cultures qui se déroule ici.

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La pêche au lotus

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44. Dames du Megalaya

«Voici l’homme dont je vous parlais, messieurs. C’est à lui qu’il faut s’adresser. C’est le chef de notre village.»
Sous un petit porche à quelques mètres de Ritu et moi se trouve assis, devant sa maison, un homme dont je ne distingue que la silhouette. L’ombre dans laquelle il baigne lui masque le visage, et il m’est difficile de savoir s’il nous regarde ou pas. Je m’avance vers lui, décidé à me présenter comme je le fais d’habitude, d’une manière simple et franche. Mais à mesure que je m’approche, je réalise que l’homme n’a pas une attitude ordinaire… Il regarde fixement le sol en mâchant quelque chose avec frénésie, les yeux grands ouverts comme torturé par quelque mauvaise rêverie. Les muscles de son visage sont crispés et il agite son pied dans un geste nerveux ; il paraît chétif et très maigre.
Diantre ! Cet homme-là ne me semble pas vraiment disposé à papoter…

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