62. La grande guerre des émeus.

Juste avant de quitter l’Australie, j’aimerais vous faire part d’une dernière petite histoire. J’ai découvert récemment un ouvrage intitulé La grande guerre des émeus, qui retrace avec force détails et anecdotes croustillantes la folle guerre qui opposa quelque 20 000 émeus affamés à l’armée australienne dans les années 30. La sécheresse poussant les émeus dans un flux migratoire habituel pour eux, ils se trouvèrent face aux tout récents champs de blé des colons et à leurs barrières anti-lapins. Ils ravagèrent les cultures à un point tel que l’armée dut intervenir à la mitrailleuse pour régler le problème. Mais les volatiles se révélèrent bien plus malins que prévu…

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Emeus près de la ville fantôme de Farina

L’auteur raconte cet étrange événement sous la forme d’une petite nouvelle qui ne reflète que trop bien les difficultés qu’ont eues les colons – et que connaissent encore aujourd’hui les Australiens – à s’adapter à l’environnement plus que particulier de l’Outback. Il énumère au passage de nombreuses autres tentatives d’introductions ratées, de fiascos environnementaux et autres boulettes dévastatrices de l’écosystème qui ont eu lieu au début du siècle dernier (figuier de barbarie, cochenille, dromadaire et autres exemples cocasses… ) ainsi que le fait qu’à cette époque les hommes étaient déjà bien conscients des effets pervers de leurs tours d’apprentis sorciers…

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Le meilleur papa du monde !

Si vous souhaitez creuser le sujet, je vous recommande ce petit bouquin. Je ne vais tout de même pas vous le résumer ici ! Il est très court, libre de droit en pdf et même disponible en version audio (lue par l’auteur en personne). On y trouve aussi un tas de petites descriptions de l’incroyable faune locale et une bonne mise en situation des Aborigènes dans leur mode de vie.

Ce bouquin, qui devrait vous plaire, est dispo en livre audio par ici :

Et en pdf par là :
C’est aussi pour moi l’occasion de vous faire partager ce qui berce la plupart de mes journées : les livres audio. En pédalant, en marchant, en cueillant des myrtilles, en faisant la vaisselle ou en patientant dans les bouchons… le livre audio est un super moyen de bouquiner tout en faisant autre chose. Ces 4 dernières années, j’ai eu le plaisir de découvrir grâce à eux et à des bénévoles, prêteurs de voix merveilleuses, la plupart des livres de Victor Hugo, un bon nombre de Zola et de Jules Verne, les enquêtes de Sherlock Holmes, les histoires extraordinaires de Poe ou de Lovecraft, les aventures de Bougainville et une tripotée de grands classiques de la littérature française que je n’aurais jamais abordés autrement.
Pour revenir à un sujet un peu moins drôle, pour ceux qui se diraient que la Grande guerre des émeus est de l’histoire ancienne et que les Australiens ont forcément fait d’énormes progrès depuis en la matière (faut pas déconner : des mitrailleuses pour descendre des gros piafs !), je vous laisse regarder cette petite vidéo.
Car si 20 000 émeus ont été violemment pris pour cible dans les années 30, un nombre identique de requins est tombé dans les pièges mortels des garde-côtes ces dernières années pour assurer aux surfeurs de belles vagues écumeuses sans ailerons et aux touristes de jolies plages de cartes postales. De toute façon, on ne se baigne pas car il reste toujours les crocodiles et autres méduses mortelles. Mais vous savez comment c’est ! Vendre son pays comme une destination touristique exemplaire quand les bouées-canards cachent une meute de requins aux dents pointues (et changeables !) , c’est plutôt casseur d’ambiance. Mieux vaut une discrète extermination, n’est-ce pas ?
                                                                                                                      Clem
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59. Parenthèse

La côte nord-est de l’Australie apparaît, l’avion survole le littoral tandis qu’au loin la houle du Pacifique vient se briser sur la Grande Barrière de Corail, constellant l’océan de taches blanches. Notre impatience est à son comble, le voyage depuis Genève dure depuis 1 jour et 2 nuits. Il va nous permettre de découvrir un autre monde et par-dessus tout revoir Clément !

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63. Follow the line

La tête dans les nuages, comme d’habitude, je rêve à la Nouvelle-Zélande. La tête dans les nuages, depuis l’école primaire, on me dit que j’y voyage. En vingt années, cela n’a pas trop changé. Mais aujourd’hui est un jour spécial, car aussi perché que je le sois, cette fois-ci je ne rêve plus. La Nouvelle-Zélande est en dessous de moi, et dévoile déjà ses premières courbes. De l’avion, je m’émerveille à l’avance de toutes les possibilités qui s’offrent sous mes pieds. La grande île du Sud. Un nom qui me fait encore frémir quand je l’écris aujourd’hui…
Est-il possible d’imaginer un endroit aussi idéal ? Fermez les yeux… Je vous pose le décor comme ça, entre deux turbulences.

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61. Les prisonniers du père Noël

Sydney est à nos pieds. Si j’avais su il y a trois ans, en partant de France, qu’un jour mon vélo me guiderait jusqu’ici. Si j’avais su que je ferais près de 50 000 kilomètres, par un itinéraire en vol de papillon… je me serais cru fou et n’aurais certainement pas signé pour un tel voyage ! Et pourtant, aujourd’hui la ville est à portée de roue. Avec Lucie, nous glissons sur les pentes des Montagnes Bleues, et quelques heures plus tard nous traversons le majestueux pont suspendu de la baie de Sydney. Matthew nous attend dans son petit chez lui. Depuis la fin de son voyage, l’année dernière, il a trouvé un boulot dans le centre ville. Le retour à la vie «normale», comme certains disent, lui aura pris quelque temps, mais il s’en est franchement bien tiré. Il y a des voyageurs au long cours comme nous qui mettent des années à s’en remettre, d’autres qui n’en reviennent jamais vraiment…

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60 – Sur les épaules de Diamond

Pour fêter ma troisième année de voyage, à l’occasion de ce nouveau départ depuis Adélaïde, une amie de France est venue me rejoindre. Lucie a toujours rêvé de voir le monde depuis la selle d’un vélo, alors quand je lui ai proposé de me retrouver en Australie pour partir à l’exploration de ce petit coin poussiéreux de notre planète… elle n’a pas hésité une seule seconde !
Au programme la traversée Adélaïde-Sydney en suivant la fameuse rivière Murray, puis en passant par Canberra, la capitale, et enfin par les Blues Mountains. 3500 kilomètres de mise en jambe, elle devrait savoir un peu plus de quoi il en retourne après ça !
Après quelques semaines d’entraînement au milieu des belles collines d’Adélaïde, histoire de se (re)faire un peu les cuisses (les miennes aussi puisque je n’ai presque pas roulé depuis mon arrivée ici, il y a un an), nous prenons ensemble la route du levant.

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58. Vous reprendrez bien un verre de vin ?

Avez-vous déjà entendu parler du vin australien ? On en voit de plus en plus par chez nous. Alors, vin de mode ? Vin de table ? Vin de dégustation ? Chacun y va de ses commentaires selon son palais et son budget. Il y a probablement un peu de tout cela, car les vignobles, en Australie, ça ne manque pas et j’ai eu la chance de travailler dans l’un d’entre eux. Alors si, comme moi, vous ne connaissez rien au vin sauf quand il s’agit de le boire, je vais dégrossir un peu le sujet dans cet article. Car il y a de quoi bien rigoler, vous verrez !

Mon domaine pour les 4 prochains mois

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57-bonus. Le film de la traversée de l’Outback

Matthew nous charme une fois de plus grâce à ses talents de cinéaste amateur avec cette vidéo reprenant tout notre périple australien de Darwin jusqu’à Adélaïde.
Avec quelque 41 000 kilomètres, il signe ainsi la fin de son voyage, débuté la même semaine que moi (en septembre 2014) et à seulement une centaine de bornes de mon propre point de départ… Nous n’en savions rien bien sûr. Quel heureux hasard !
Nous avons finalement roulé 8 mois ensemble, de Kuala Lumpur en Malaisie, jusqu’à chez lui en Australie.

On est toujours en contact bien sûr, il a trouvé du travail à Sydney maintenant. Qui sait ? j’irai peut-être lui rendre une petite visite ! Vous verrez ça en lisant la suite…

Clem

 

Film by Matthew

57. Retour à la vie.

Coober Pedy fait partie des curiosités de l’Outback australien. Vous en avez peut-être déjà entendu parler dans des documentaires, car elle a plutôt bonne presse depuis quelques années. Pour faire simple – en attendant d’aller y passer vos prochaines vacances – c’est un de ces endroits extraordinairement inhospitaliers que sait offrir l’Australie et qui attire beaucoup de monde. Désert plat et aride à la Mad Max sans arbre ni eau, température qui passe allègrement la barre des 50 degrés en été et isolement digne d’une étape intergalactique sur astéroïde non-identifié . Signer à Coober Pedy, c’est un peu s’engager à vivre comme un pionnier de BD futuriste…
La town tient sa notoriété des gisements d’opale de son sous-sol, exploités par des mineurs privés. Il suffit de louer une petite concession et de se pointer avec un bon stock de pioches et de motivation pour y creuser au petit bonheur la chance. Comme aucune grosse compagnie minière n’a jamais été intéressée par le secteur, l’ambiance est restée très bon enfant, genre chercheur d’or solitaire du Nouveau Monde. Mais en plus, cerise sur le gâteau, les mineurs ont avec le temps transformé leurs tunnels en appartements troglodytes afin d’échapper aux températures intenables qui peuvent régner à l’extérieur. A visiter, c’est donc curieux et agréable .

Un musée de Coober Pedy dans une ancienne galerie avec Alice, la solo-cycliste

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56. Un désert de boue

Nos engins se posent enfin sur le tarmac ! On vole ! Drôle de sensation que de ne plus sentir ses roues rebondir et s’abandonner à l’incessant roulis créé par la tôle ondulée ou s’enliser à chaque banc de sable. Les terres aborigènes sont derrière nous maintenant, ça dépote ! A nouveau, tout devient facile, il n’y a plus aucune résistance à notre avancée et on se demande bien comment on avait pu se lasser d’un tel confort. Même le léger vent de face semble avoir disparu. Il faut dire que cela fait quasiment 2 semaines que nous ne pédalons presque que sur piste, hormis quelques exceptions autour d’Uluru. À Alice Springs, on avait quitté la route principale avec hâte, et on ne va pas tarder à refaire la même chose car la prochaine intersection avec la piste qui nous intéresse est dans 50 kilomètres seulement. Mais je reconnais que cette petite portion est un vrai soulagement. C’est très vite ennuyeux, mais qu’est-ce que ça fait du bien !
J’ai surtout parlé jusqu’à présent de choses très annexes au vélo. On a déprimé sur la cause aborigène, on s’est noyés dans l’immensité enivrante de l’Outback et on a, mine de rien, rencontré pas mal de monde dans ce grand vide. Mais j’aimerais quand même consacrer quelques mots au pédalage dans l’Outback. Car c’est le fondement de la guerre dans notre voyage à vélo. La selle, on est dessus 8 à 10 heures par jour…

Cliquez pour accéder à la carte interactive complète. En gris, les 200 km de piste interdite

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55. Origines Aborigènes

L’entrée sur les terres aborigènes est dingue. La piste qui y mène quitte la route principale à l’équerre et vient effleurer un monstre de roche digne d’un canyon apache. Carcasses de vaches et crânes de dromadaires en guise de panneau de bienvenue, ça annonce tout de suite la couleur. 500 kilomètres de piste rouge brique qui sinue entre bush et bancs de sable, une chaîne de montagnes qui cache des communautés aborigènes recluses, des semaines de rationnement dans nos sacoches…
C’est un peu comme dans toutes les bonnes vieilles histoires, quand le héros doit traverser plusieurs épreuves de plus en plus difficiles avant d’atteindre son but, vous voyez ? Surtout qu’on ne sait pas trop dans quoi on se lance… Et que ce n’est même pas sûr qu’il y ait le baiser d’une princesse à la clé.
Sauf qu’en guise de héros vous avez deux pauvres cyclistes qui se battent davantage contre les mouches que contre des monstres de légende, et que leurs canassons sont des bicyclettes grinçantes, mais à part cela…
Ah oui ! Détail rigolo sur le papier, votre ennemi le plus redoutable dans l’Outback se résume avant tout à un être inoffensif : la mouche.

Exemple de mouches assez hardcore

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