66. Recettes à bicyclette

Que peut bien manger un cycliste qui passe son temps à rouler à travers pays et continents ? Lorsque quelques locaux réalisent que je n’ai pas commencé à pédaler le matin même, ni la semaine dernière, mais bien il y a plusieurs années… l’une des interrogations qui rompt spontanément l’état de semi-hébétude mêlée d’excitation de mes interlocuteurs est de savoir comment j’ai pu m’alimenter pendant tout ce temps.

«-Tu dois avoir une diète super stricte, comme les sportifs de haut niveau, non ?»
«-Des glucides et des protéines en masse, c’est là le secret, n’est-ce pas ?»
«-Je parie que tes sacoches sont pleines de barres céréales, de Snickers et de gels survitaminés !»
Et des fois des remarques qui relèvent d’un imaginaire un tantinet préhistorique, comme si le monde était encore un vaste terrain de jeu pour chasseurs-cueilleurs en vadrouille.
«-Tu chasses des bêtes sauvages ? Tu pêches au harpon ? Tu manges des racines ?»

C’est bien beau la chasse, mais… y’a quoi à trucider là ? En trek à plusieurs jours de marche de la première route.

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65. Les Bike-Packers

Dunedin, la ville aux albatros ! Sans un battement d’aile, les grands voiliers survolent pendant des heures la baie qui protège la ville et son écrin de collines. C’est le port d’attache de la colonie qui a choisi ce petit bout de terre venteux et froid pour y faire ses nids. De là, prendra son envol le petit, unique, de chaque couple. Il aura d’abord été dorloté pendant des mois face à l’océan et à cet Antarctique mystérieux –  à quelque 4000 km de là – que ses parents approchent de temps à autre… Ces oiseaux peuvent voler des semaines entières sans se poser. Sans non plus battre des ailes. Mais toujours ils retrouvent, au milieu de l’immensité bleue, les pitons rocheux qui abritent les colonies voisines. De petits îlots sub-antarctiques néo-zélandais que bien peu d’hommes connaissent mais où des milliers d’oiseaux naissent chaque année.

Contempler l’océan et ces oiseaux géants depuis les falaises de Dunedin me fait quand même un drôle d’effet… jamais dans mon voyage, je n’irai plus au sud. Jamais non plus je ne me trouverai plus loin de la maison que maintenant. Où que j’aille à présent, je me rapproche de ma patrie ! La nouvelle est d’importance, je suis aux antipodes de la France.

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64. Un petit kiwi pour la route ?

Difficile de rester de marbre devant ces gigantesques falaises plongeant dans la mer… Sur la route de Milford Sound, lors de ma première vraie journée de voyage à bicyclette, je ne sais plus trop où donner de la tête. J’ai beau avoir été prévenu, je les avais même entraperçues depuis le sommet qui surplombait notre highline avec l’équipe des Ekiwibristes… Mais là, en solo face à de telles murailles, je reste sans voix.
Le fait que Milford Sound soit le seul fjord accessible par la route le rend bien sûr touristique. Il y a un peu de monde, mais ça reste à l’échelle néo-zélandaise… Bison-Futé peut continuer à brouter tranquille.
Malheureusement pour moi, la suite logique serait de monter dans un bateau pour aller explorer d’autres fjords plus avant pendant quelques jours. Mais ce n’est pas donné du tout… Alors je scrute la carte pour tenter de trouver une autre route, ou un trail qui permettrait de rester dans l’ambiance des fjords sans couler le budget . Cet immense territoire est quasi vierge car personne n’a encore posé le pied sur la plupart de ces montagnes… c’est intrigant. Même les Maoris qui vivent en Nouvelle-Zélande depuis 1000 ans ne viennent jamais jouer dans les parages. Il faut dire que les fjords sont séparés des terres habitables par une série de montagnes abruptes elles-mêmes déchirées par des grands lacs, qu’il pleut jusqu’à 8 mètres d’eau par an et que le sol est recouvert d’une épaisse couche de mousse détrempée ou de racines piégeuses noyées de boue qui prennent le téméraire jusqu’à mi-cuisse !

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63. Follow the line

La tête dans les nuages, comme d’habitude, je rêve à la Nouvelle-Zélande. La tête dans les nuages, depuis l’école primaire, on me dit que j’y voyage. En vingt années, cela n’a pas trop changé. Mais aujourd’hui est un jour spécial, car aussi perché que je le sois, cette fois-ci je ne rêve plus. La Nouvelle-Zélande est en dessous de moi, et dévoile déjà ses premières courbes. De l’avion, je m’émerveille à l’avance de toutes les possibilités qui s’offrent sous mes pieds. La grande île du Sud. Un nom qui me fait encore frémir quand je l’écris aujourd’hui…
Est-il possible d’imaginer un endroit aussi idéal ? Fermez les yeux… Je vous pose le décor comme ça, entre deux turbulences.

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62. La grande guerre des émeus.

Juste avant de quitter l’Australie, j’aimerais vous faire part d’une dernière petite histoire. J’ai découvert récemment un ouvrage intitulé La grande guerre des émeus, qui retrace avec force détails et anecdotes croustillantes la folle guerre qui opposa quelque 20 000 émeus affamés à l’armée australienne dans les années 30. La sécheresse poussant les émeus dans un flux migratoire habituel pour eux, ils se trouvèrent face aux tout récents champs de blé des colons et à leurs barrières anti-lapins. Ils ravagèrent les cultures à un point tel que l’armée dut intervenir à la mitrailleuse pour régler le problème. Mais les volatiles se révélèrent bien plus malins que prévu…

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61. Les prisonniers du père Noël

Sydney est à nos pieds. Si j’avais su il y a trois ans, en partant de France, qu’un jour mon vélo me guiderait jusqu’ici. Si j’avais su que je ferais près de 50 000 kilomètres, par un itinéraire en vol de papillon… je me serais cru fou et n’aurais certainement pas signé pour un tel voyage ! Et pourtant, aujourd’hui la ville est à portée de roue. Avec Lucie, nous glissons sur les pentes des Montagnes Bleues, et quelques heures plus tard nous traversons le majestueux pont suspendu de la baie de Sydney. Matthew nous attend dans son petit chez lui. Depuis la fin de son voyage, l’année dernière, il a trouvé un boulot dans le centre ville. Le retour à la vie «normale», comme certains disent, lui aura pris quelque temps, mais il s’en est franchement bien tiré. Il y a des voyageurs au long cours comme nous qui mettent des années à s’en remettre, d’autres qui n’en reviennent jamais vraiment…

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60 – Sur les épaules de Diamond

Pour fêter ma troisième année de voyage, à l’occasion de ce nouveau départ depuis Adélaïde, une amie de France est venue me rejoindre. Lucie a toujours rêvé de voir le monde depuis la selle d’un vélo, alors quand je lui ai proposé de me retrouver en Australie pour partir à l’exploration de ce petit coin poussiéreux de notre planète… elle n’a pas hésité une seule seconde !
Au programme la traversée Adélaïde-Sydney en suivant la fameuse rivière Murray, puis en passant par Canberra, la capitale, et enfin par les Blues Mountains. 3500 kilomètres de mise en jambe, elle devrait savoir un peu plus de quoi il en retourne après ça !
Après quelques semaines d’entraînement au milieu des belles collines d’Adélaïde, histoire de se (re)faire un peu les cuisses (les miennes aussi puisque je n’ai presque pas roulé depuis mon arrivée ici, il y a un an), nous prenons ensemble la route du levant.

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59. Parenthèse

La côte nord-est de l’Australie apparaît, l’avion survole le littoral tandis qu’au loin la houle du Pacifique vient se briser sur la Grande Barrière de Corail, constellant l’océan de taches blanches. Notre impatience est à son comble, le voyage depuis Genève dure depuis 1 jour et 2 nuits. Il va nous permettre de découvrir un autre monde et par-dessus tout revoir Clément !

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58. Vous reprendrez bien un verre de vin ?

Avez-vous déjà entendu parler du vin australien ? On en voit de plus en plus par chez nous. Alors, vin de mode ? Vin de table ? Vin de dégustation ? Chacun y va de ses commentaires selon son palais et son budget. Il y a probablement un peu de tout cela, car les vignobles, en Australie, ça ne manque pas et j’ai eu la chance de travailler dans l’un d’entre eux. Alors si, comme moi, vous ne connaissez rien au vin sauf quand il s’agit de le boire, je vais dégrossir un peu le sujet dans cet article. Car il y a de quoi bien rigoler, vous verrez !

Mon domaine pour les 4 prochains mois

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57-bonus. Le film de la traversée de l’Outback

Matthew nous charme une fois de plus grâce à ses talents de cinéaste amateur avec cette vidéo reprenant tout notre périple australien de Darwin jusqu’à Adélaïde.
Avec quelque 41 000 kilomètres, il signe ainsi la fin de son voyage, débuté la même semaine que moi (en septembre 2014) et à seulement une centaine de bornes de mon propre point de départ… Nous n’en savions rien bien sûr. Quel heureux hasard !
Nous avons finalement roulé 8 mois ensemble, de Kuala Lumpur en Malaisie, jusqu’à chez lui en Australie.

On est toujours en contact bien sûr, il a trouvé du travail à Sydney maintenant. Qui sait ? j’irai peut-être lui rendre une petite visite ! Vous verrez ça en lisant la suite…

Clem

 

Film by Matthew